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Un “Nutri-score” pour les jeux en ligne arrive, et la France devrait copier l’idée

La Loterie Nationale belge lance un score pour mesurer l’addiction de ses jeux en ligne.

C’est une nouveauté qui pourrait inspirer le reste de l’Europe. En Belgique, chaque jeu de la Loterie Nationale affiche désormais un indicateur de risque allant de A à E, inspiré du Nutri-score alimentaire. L’objectif : informer les joueurs sur le potentiel addictif de chaque jeu avant même qu’ils ne misent un centime.

Le Nutri-score des jeux en ligne, pourquoi faire ?

On connaissait le Nutri-score pour sur les paquets de céréales, désormais, un système similaire existe pour les jeux d’argent. La Loterie Nationale belge vient de déployer sur sa plateforme en ligne un indicateur de risque addictif, attribué à chacun de ses jeux. Le principe est simple : une lettre de A (risque très faible) à E (risque élevé), associée à un code couleur, apparaît directement sur le profil du joueur et à côté de chaque jeu proposé. Une initiative inédite dans le monde des loteries publiques. 

Le système repose sur une analyse des caractéristiques de chaque jeu. Tous les jeux de hasard ne se valent pas en matière de risque addictif, et c’est précisément ce que l’indicateur cherche à rendre visible. Les critères retenus sont ceux que les spécialistes de l’addiction connaissent bien : la vitesse de communication du résultat, le nombre de possibilités de mise, et la présence de stimuli visuels et sonores conçus pour maintenir le joueur dans une boucle de jeu.

Concrètement, les jeux de tombola, où l’on achète un billet et où le tirage a lieu bien plus tard, se voient attribuer la note A, considérée comme très faiblement addictive. Le Lotto  (oui, en Belgique le jeu prend deux T) et l’Euro Millions héritent d’un B, principalement grâce au délai entre la mise et le résultat. Les choses se compliquent avec les jeux instantanés. Les tickets à gratter en ligne et la plupart des jeux interactifs de la plateforme se retrouvent en catégorie C, voire D. Ces derniers cumulent plusieurs facteurs de risque : résultat immédiat, possibilité de rejouer dans la foulée, animations visuelles et sonores qui entretiennent l’excitation.

L’un des enjeux majeurs de cette initiative, c’est qu’elle cible spécifiquement le jeu en ligne. Et pour cause : jouer depuis son canapé, seul face à son écran est bien plus simple socialement que d’enchaîner les tickets à gratter dans un bureau de tabac.

Vers une décision similaire en France ?

L’indicateur de risque s’accompagne de mesures concrètes pour les joueurs et les joueuses. Les titres classés D sont par exemple soumis à des limites plus strictes. Une initiative qui ne repose pour l’instant sur aucune obligation légale à l’échelle nationale ou européenne. La question reste aujourd’hui de savoir pourquoi un système aussi logique n’existe pas encore ailleurs. Chez nous, la Française des Jeux (FDJ) propose des outils d’auto-exclusion et des limites de dépôt, mais aucun indicateur clair et standardisé ne permet au joueur de comparer le potentiel addictif de deux jeux différents avant de se lancer.

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