Passer au contenu

Crimson Desert prit la main dans le sac pour avoir utilisé l’IA générative

On avait déjà quelques reproches à faire à Crimson Desert, mais là, Pearl Abyss vient d’en ajouter un sacré à la liste.

On l’a dit dans notre test, malgré les qualités de Crimson Desert, c’est un jeu qui manque de polish. Et bien voilà, la métaphore prend un tout nouveau sens puisque des joueurs ont trouvé quelque chose d’assez difficile à défendre, c’est à dire des assets qui ont été générés par une IA.

Des peintures qui ne trompent personne

C’est sur Reddit que la polémique a éclaté. Plusieurs joueurs ont posté des captures d’écran d’œuvres présentes dans le jeu, principalement des portraits ornés et des peintures de style médiéval. Et dès qu’on regarde de près, ça saute aux yeux.

Un utilisateur Reddit a listé les indices classiques avec des mains ayant un nombre de doigts fantaisiste, des hachures incohérentes, des vêtements aux plis qui ne suivent aucune logique ou des guerriers aux visages flous juchés sur des chevaux ayant plus de 4 pattes. En plus, ces images n’ont strictement rien à voir avec la direction artistique globale de Crimson Desert.

Une réponse des plus classique derrière un évident « pas vu pas pris »

Face au tollé, Pearl Abyss a finalement sorti un communiqué sur X. Le studio a confirmé ce que tout le monde soupçonnait. « Pendant le développement, certains props visuels 2D ont été créés lors des phases d’itération précoce à l’aide d’outils d’IA générative expérimentaux. Ces assets nous ont aidés à explorer rapidement le ton et l’atmosphère dans les premières phases de production. » En gros, c’était censé être des placeholders, et ils ont « oublié » de les retirer avant de mettre le jeu dans les mains des joueurs.

Le studio reconnaît aussi au passage qu’il « aurait dû clairement divulguer son utilisation de l’IA » et promet un audit complet de tous les assets du jeu, avec remplacement des contenus concernés dans des patchs à venir. Au moins, ils reconnaissent la faute, mais ça ressemble quand même pas mal à du « pas vu pas pris » non ?

Une violation des règles de Steam, en prime

Ce qui aggrave encore la situation, c’est que la page Steam de Crimson Desert ne comportait aucune mention de l’utilisation d’IA générative. Or, depuis début 2024, Valve exige que les éditeurs déclarent explicitement ce genre d’usage. Pearl Abyss a donc non seulement glissé des assets IA dans son jeu final, mais l’a fait sans en informer les joueurs, en contravention directe avec les règles de la plateforme. Le studio devra probablement ajouter la mention après coup, ou accélérer les correctifs. Cela ne risque pas d’aider le jeu à améliorer ses évaluations sur Steam qui ne sont pas véritablement à la hauteur de la hype qu’il avait générée avant sa sortie.

Un air de déjà-vu

Il faut quand même souligner que Pearl Abyss n’est pas le premier à se retrouver dans cette situation embarrassante. Sandfall Interactive avait vécu exactement la même mésaventure avec Clair Obscur Expedition 33, où des textures générées par IA avaient été retrouvées dans le jeu final, là aussi présentées comme des placeholders de développement oubliés. Ubisoft avait eu droit au même traitement avec Anno.

À force de voir la même excuse revenir, on commence à se demander si le « placeholder oublié » n’est pas en train de devenir le nouveau mantra des studios qui se font pincer.

🟣 Pour ne manquer aucune news sur le Journal du Geek, suivez-nous sur Google et sur notre canal WhatsApp. Et si vous nous adorez, on a une newsletter tous les matins.

Mode