Netflix perd l’un de ses membres fondateurs. Après 29 ans de bons et loyaux services, Reed Hastings se met en retrait, a-t-il déclaré dans une lettre aux investisseurs. Il ne se représentera pas lors de l’assemblée annuelle de juin, prévoyant de se concentrer sur la “philanthropie et autres activités” rapporte Reuters ce vendredi 17 avril. Il avait déjà laissé sa place de co-PDG en 2023, il restait administrateur. Cette fois, c’est véritablement la fin d’une ère pour la plateforme de streaming, qui traverse pourtant une période troublée après l’échec du rachat de Warner Bros.
L’ADN Netflix disparaît
Ingénieur de formation, Reed Hastings fonde en 1997 Netflix.Inc avec un ancien employé de sa première entreprise, Pure Software. Regardant le modèle économique des salles de sport, qui permettent de s’entraîner à son rythme moyennant une trentaine de dollars par mois, il lance un service de location de DVD à prix fixe. Les clients sont au rendez-vous, mais Hastings voit déjà une nouvelle manière de faire progresser sa petite affaire. Pour lui, la télévision par internet est l’avenir et il développe un modèle qui va révolutionner le secteur.
Le format physique est peu à peu abandonné alors que YouTube gagne des parts de marché et que le public prend l’habitude d’accéder à des millions de contenus d’un seul clic. Cette idée révolutionnaire va faire son petit bonhomme de chemin, jusqu’à être reprise par les mastodontes d’Hollywood comme Disney, Warner et tant d’autres.
Avec Marc Randolph, Hastings incarnait donc l’ingéniosité de l’entreprise qui a fait éclore un nouveau secteur d’activité porteur. Son départ, tandis que Randolph s’est déjà retiré, signe donc la fin d’une ère. Hasard du calendrier ou non, il intervient alors que Netflix s’apprêtait à entrer dans une nouvelle ère avec le rachat d’un monument du 7e art.
Au moment où Netflix perd une grosse bataille
En décembre dernier, Netflix et Warner Bros annonçaient avoir trouvé un accord pour une fusion de leurs actifs. Un coup de tonnerre dans le milieu du divertissement, le N rouge mettant la main sur certaines des licences les plus prolifiques et rentables de l’industrie. Ted Sarandos, qui portait le projet devant la presse, évoquait aussi la possibilité pour Netflix de s’investir plus largement dans le cinéma d’exploitation.
Sauf que cette transaction, estimée à 83 milliards de dollars pour Warner Bros et HBO Max, n’était pas du goût de Paramount Skydance et de son PDG David Ellison. Le conglomérat a contre-attaqué à de nombreuses reprises, avant d’obtenir gain de cause en février 2026. Warner Bros Discovery va donc passer entre les mains d’Ellison. Le retrait de Netflix avait été plutôt bénéfique aux actions de la firme, la bourse estimant que l’entreprise avait su se retirer au bon moment.
Netflix à un tournant stratégique
Mais voilà, maintenant que la perspective d’une croissance évidente disparaît, Netflix doit trouver une nouvelle manière de se renouveler pour pérenniser son modèle. Malgré de bons résultats financiers, “une croissance à deux chiffres” et un chiffre d’affaires à hauteur de 12,25 milliards de dollars, ce départ effraie les investisseurs. Kathleen Brooks, directrice de recherche des XTB, explique cette petite frayeur des actionnaires de telles manières. “C’était une nouvelle inattendue, et Hastings est considéré comme l’ADN de l’entreprise”. Ce départ renforce les doutes sur la capacité du groupe à ouvrir un nouveau cycle de croissance, même si Netflix assure que son ambition reste inchangée.
Plusieurs pistes de croissances et de diversification des revenus ont été évoquées, notamment la production de contenus financés par la publicité, les événements sportifs et les jeux vidéo. La concurrence devient plus féroce sur le secteur de la SVOD et les investisseurs craignent que ce départ entraîne une perte de repères pour le géant du divertissement de salon. L’incertitude règne et Ted Sarandos, actuel PDG du groupe, va devoir faire des pieds et des mains pour rassurer ses investisseurs.
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