Et si Top Gun : Maverick, par son immersion, ses effets sonores et les prouesses dans le cockpit de Tom Cruise, jamais effrayé à l’idée de repousser ses limites, avait des répercussions sur le monde du jeu vidéo ? Vu que le cinéma chasse volontiers ce dernier et que les deux entités ne cessent de s’inspirer – et de se copier – l’une et l’autre, le film de Joseph Kosinski, plébiscité par la critique et le public lors de sa sortie en salles en 2022, allait forcément faire des émules. Et cela n’a pas coupé, avec le retour de la plus grande licence vidéoludique de combat aérien en la personne d’Ace Combat 8.

Baptisé Wings of Theve, cet opus nous plonge une nouvelle fois dans l’univers alternatif propre à la saga, le Strangereal, qui dépeint et s’inspire des plus grands conflits de notre histoire, sans en épouser l’exacte nature. Ce huitième volet nous propose d’incarner un chasseur aérien, rescapé sur un canot de sauvetage par le porte-avions Endurance. Ce dernier est le dernier bâtiment encore debout et viable de la Fédération d’Usea (FCU) tombée lors de l’invasion de la République de Sotoa. L’idée est donc de résister et de libérer le peuple de Theve, qui place tous ses espoirs en Wings, un pilote chevronné et capable de tous les exploits. Le souci, c’est que ce pilote d’élite n’est qu’une chimère pour entretenir l’espoir chez les résistants. Notre avatar, suite à un drame, se retrouve dans le devoir de reprendre le flambeau de ce symbole et va donc mener la contre-attaque avec sa propre escouade, Joker Flight et ses trois compagnons de fortune, Baxter, Tasha et Coster.
Un travail d’équipe, au coeur d’une mise en scène très travaillée
Dès les premières minutes, on comprend que les équipes du jeu ont travaillé leur copie pour la rendre la plus immersive possible. Les dialogues et les interactions avec les autres PNJ dans le jeu se font toutes à la première personne, avec des réponses et des actions à mener, rendant notre avatar plus humain et l’aventure forcément plus personnelle. Chaque membre de notre escouade a un tempérament bien trempé, avec lequel il faudra composer en mission, ce qui a d’ores et déjà donné lieu à des répliques savoureuses et intenses lors des missions que nous avons pu mener. Certains seront protecteurs à notre égard, d’autres sceptiques sur notre capacité à endosser le rôle de Wings. Il faudra donc convaincre et fédérer, tout en remplissant nos objectifs.
Cette approche plus immersive et cette mise en scène plus cinématographique ont été inspirés par le film de Kosinski, comme les équipes sur place l’ont reconnu en interview. Pour le reste, Ace Combat 8 : Wings of Theve se présente comme un jeu au challenge permanent. On a eu de tout lors de notre session : de la mission-tuto au combat de boss et notamment ce cuirassé longiline que l’on voit dans la dernière bande-annonce du jeu. Ce dernier nous a donné beaucoup de fil à retordre (nombreux ceux qui ont sué ce jour-là pour s’en défaire), avec des cibles à abattre au sol et une IA ennemie particulièrement agressive.
Une approche tactique appréciable et une marge de progression en jeu qui s’annonce élevée
Pour mener à bien les missions, il faudra déterminer une stratégie d’attaque en amont, avec un choix rigoureux et utile de l’armement à bord, soit pour les cibles au sol, soit pour abattre des cibles aériennes conséquentes, comme des bombardiers, ce que nous avons pu faire lors d’une des missions proposées. L’optimisation est totale, puisqu’on choisit aussi bien son armement à soi que celui de ses partenaires. D’ailleurs, ces derniers ont un rôle à jouer et ne se contentent pas d’être des assistants fantômes. On peut leur donner des ordres, afin de venir nous couvrir, arroser une zone ou prendre une cible précise en chasse. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que la formule marche. Cela devrait encore plus renforcer le sentiment d’attachement que le jeu souhaite développer pour ces personnages.

Wings of Theve ne nous a pas paru compliqué à prendre en main. Mais il y a un skill gap, c’est certain et ce dernier ne peut être accessible qu’en mode Expert, la jouabilité en mode Standard étant évidemment assistée. Cette dernière est là pour se faire la main, notamment pour les joueurs qui n’auraient jamais expérimenté un épisode d’Ace Combat auparavant. En revanche, le mode Expert offre plus de souplesse, tant et si bien que le passage de l’un à l’autre est particulier, au point d’avoir l’impression de s’être fait retirer des poids avant de marcher. Le jeu offre alors plus de possibilités. On peut notamment tirer un meilleur profit des conditions météo et de l’environnement aérien pour attaquer et se défendre, ainsi que des caractéristiques intrinsèques de son avion.

Une des mécaniques d’attaque mise en avant lors de cette preview était notamment la réaction en chaine : en abattant un avion ennemi près d’un bombardier, le premier peut venir percuter le deuxième, entraînant ensuite de gros dégâts et pouvant provoquer une autre collision, rendant l’approche et le résultat de certains objectifs de mission plus rapides à atteindre. Lesdites missions en questions sont plutôt longues, avec pas mal de rebondissements (attendus, of course), avec des bâtiments à détruire, des navires ou des avions à protéger et des grosses cibles à abattre. Tout un programme, qu’on espère tout sauf redondant, qu’il nous tarde désormais de découvrir en détails, après une première prise en main très prometteuse et satisfaisante. C’est très beau, c’est tout de même dur et on n’a pas encore eu l’opportunité de découvrir le mode en ligne, qui s’annonce comme très, très ambitieux. Vivement la suite !
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