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Vient-on de découvrir des extraterrestres ? Ces résultats de la NASA sont troublants

L’agence spatiale américaine vient de confirmer la découverte de 20 molécules organiques dans des roches martiennes. Suffisant pour parler de vie extraterrestre ?

L’une des plus vieilles questions de l’histoire de l’humanité est : sommes-nous seuls dans l’Univers ? S’il est statistiquement très improbable que la réponse soit oui, il est tout aussi improbable que des civilisations extraterrestres nous aient déjà rendus visite.

La recherche de vie au delà de l’orbite terrestre est bien moins sexy qu’Hollywood le prétend. C’est un véritable travail scientifique, avec des avancées majeures, et des retours en arrières brutaux. Nous venons peut être d’assister à un de ces fameux pas en avant cette semaine.

Perseverance Terrain Glissant Jezero
Un panaroma martien, capturé par le rover Perseverance © NASA/JPL-Caltech

La NASA vient en effet de détecter plus de «20 molécules organiques dans des roches martiennes vielles de 3,5 milliards d’années». La nouvelle a rapidement fait le tour de la communauté scientifique. L’énormité de l’annonce, qui n’est pas à nier, a suffi pour que les plus enthousiastes parlent de «preuves de vies».

Nouvelle approche

C’est le rover Curiosity qui a fait cette découverte. Grâce à son instrument de mesure SAM (co-développée en France), il a analysé une roche, aujourd’hui baptisée «Mary Anning 3» trouvée dans la région de Glen Torridon, non loin du mont Sharp.

Une fois dans le rover, ces prélèvements ont eu le droit à traitement inédit. La roche martienne a été mélangée à du TMAH (hydroxyde de tétraméthylammonium). Ce produit chimique a pour effet de «briser» les liaisons chimiques des molécules organiques complexes. Il désintègre la matière organique, comme on casserait une construction en LEGO, bloc par bloc. Une fois décomposée, cette matière complexe est détectable par le SAM.

Historiquement, le rover Curiosity utilisait du MTBSTFA pour décomposer les particules organiques. Avec le TMAH, les scientifiques espéraient pouvoir découvrir des molécules organiques plus complexes, que le MTBSTFA ne permet pas de détecter.

Pour ajouter encore plus de dramaturgie à cette histoire, la NASA n’avait embarqué que deux stocks de TMAH pour l’ensemble de la mission de Curiosity. Les scientifiques ne disposaient donc que de deux opportunités pour utiliser cette méthode de détection chimique.

 Une avancée majeure, à petits pas

5 ans après cette première expérience sur le terrain, l’analyse des résultats vient de paraître. C’est la chercheuse Amy J. Williams, de l’Université de Floride, qui a étudié les données de la NASA avec son équipe. Elle a formellement identifié 7 molécules, dont du benzothiophène. C’est ici que la communauté scientifique s’emballe.

Jamais cette molécule n’avait été détectée sur Mars. Mais surtout, elle fait partie des «éléments constitutifs à la formation de la vie sur Terre». De là à dire que la vie a existé sur Mars, certains l’affirment sans trembler. La NASA de son côté reste très prudente. Elle ne veut pas tirer de conclusions hâtives.

Amy Williams partage cet avis. La chercheuse assure que nous ne pourrons pas avoir de certitudes, tant que des roches martiennes n’auront pas été analysées sur Terre. Avec nos laboratoires de pointe, bien plus puissants que les instruments des rovers, nous serions en capacité de dire si ces molécules organiques sont des preuves de vie, ou des résidus de météores.

La NASA a d’ores et déjà prévu une telle mission. Le rover Perseverance collecte en ce moment même des échantillons de roches. Ils doivent être récupérés dans quelques années par la mission MSR (Mars Sample Return) et renvoyés sur Terre pour étude. Mais un vote du Congrès, abaissant le budget de la NASA, a mis cette mission en suspens.

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