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Le prix des préservatifs explose, et c’est à cause de la guerre en Iran

Le plus grand fabricant de préservatifs au monde tire la sonnette d’alarme : le blocage du détroit d’Ormuz allonge les délais d’approvisionnement et fait exploser ses coûts de production. De nombreuses marques sont concernées.

Depuis fin février 2026, le détroit d’Ormuz est quasi bloqué. Par ce couloir d’eau long de 54 kilomètres entre l’Iran et Oman transite environ un cinquième de l’approvisionnement mondial en pétrole. Depuis que les opérations militaires américano-israéliennes contre l’Iran ont poussé Téhéran à fermer l’accès à ses ports, le trafic maritime mondial est perturbé : les délais de livraison se sont allongés, les coûts d’expédition ont explosé. Depuis quelques jours, un nouveau produit vient s’ajouter à la liste de ceux que le conflit rend plus chers et plus difficiles à obtenir : le préservatif.

Faites l’amour pas la guerre

Karex est une entreprise malaisienne dont vous n’avez sans doute jamais entendu parler. Pourtant, le groupe fabrique plus de cinq milliards de préservatifs par an, qu’il exporte vers plus de 130 pays. Il fournit certaines des marques les plus connues du secteur, à commencer par Durex. Un préservatif sur cinq vendu dans le monde sort de ses usines.

Les conditions géopolitiques vont avoir un impact direct sur le prix des préservatifs. Dans une interview accordée à Reuters, le PDG de Karex, Goh Miah Kiat a d’ores et déjà averti que son entreprise n’aurait « pas d’autre choix que de répercuter les coûts sur les clients dès maintenant ». Actuellement, il faut donc s’attendre à une hausse entre 20 et 30%, voire davantage si les perturbations persistent. « C’est clairement l’un des plus gros ajustements de prix que nous ayons faits depuis très longtemps », a-t-il reconnu face aux journalistes de Bloomberg.

Pourquoi les préservatifs ?

Pour comprendre comment un conflit au Moyen-Orient impacte le prix d’un objet fabriqué en Asie du Sud-Est, il faut regarder la composition du préservatif. La majorité sont faits de caoutchouc naturel, la sève des hévéas. Les versions sans latex, de plus en plus courantes, sont produites à base de nitrile et de polyuréthane, deux dérivés pétrochimiques. Depuis fin février, les coûts de ces matières premières ont explosé. S’ajoutent à cela les perturbations logistiques. Avant le début du conflit, Karex livrait l’Europe ou les États-Unis en un mois. Aujourd’hui, le délai est passé à deux mois. Des cargaisons entières restent bloquées en mer, ce qui a mécaniquement créé une pénurie temporaire chez les distributeurs.

C’est plus grave que prévu

La hausse du prix des préservatifs à l’échelle mondiale ne va pas seulement impacter votre porte-monnaie. Pour les pays qui dépendaient de l’aide internationale et qui font face à des pénuries depuis un an, l’impact sera potentiellement beaucoup plus grave en termes de santé publique, notamment sur la prévention du VIH et es infections sexuellement transmissibles. Reckitt Benckiser, la maison-mère de Durex, a de son côté prévenu que l’envolée des hydrocarbures liée à la guerre au Moyen-Orient pourrait lui coûter jusqu’à 173 millions d’euros. Le groupe estime qu’à ce stade, l’impact reste gérable.

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