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Cette expo immersive vous plonge dans un porno féministe en VR

On a enfilé un casque de réalité virtuelle dans une exposition consacrée à l’érotisme. L’occasion de s’interroger sur notre propre rapport à l’érotisme et à la pornographie.

Une salle baignée d’une lumière tamisée, des projections qui s’enchaînent sur tous les murs, une bande-son qui enveloppe. À peu de choses près, on se croirait à l’Atelier des Lumières, cet espace d’exposition parisien qui nous plongeait il y a quelques mois au cœur du Jurassique. Sauf que cette fois, on ne parle pas de dinos, mais de porno. Dans la House of ERIKALUST d’Anvers, les œuvres sont érotiques, et signées par la réalisatrice suédoise, figure de proue du porno féministe.

Après l’Espagne et l’Angleterre, l’exposition a posé ses bagages à Anvers. Accessible à partir de 18 ans, l’expérience se découpe en trois parties : une section consacrée à XConfessions, la plateforme qui a fait connaître Erika Lust dans l’industrie pornographique, puis une expérience immersive et sensorielle, où les corps sont projetés en grands sur les murs et le plafond, alors qu’une barque nous invite au voyage. Le rapprochement entre pornographie éthique et intellectuelle n’est pas loin, on se croirait en pleine programmation Arte. Sauf qu’ici, des corps font l’amour.

House Of Erika Lust Exposition Porn Tech (1)
© Erika Lust

La VR pour une expérience complète

La dernière partie de l’expérience est celle qui concentre toute la puissance du dispositif. Le staff vous tend un casque de réalité virtuelle, et vous demande de choisir parmi plusieurs niveaux d’explicite (un peu comme les piments sur un livre de New Romance finalement). Une fois le casque enfilé, on se retrouve à l’intérieur d’une maison virtuelle sur trois étages, à explorer un labyrinthe de pièces où des scènes érotiques surgissent parfois sans prévenir.

Ce qui se joue à la House of ERIKALUST dépasse le simple divertissement pour adultes consentants. L’exposition pose une question que l’industrie pornographique mainstream ne s’est jamais posée, en traitant l’érotisme comme un phénomène culturel à part entière. Le lieu est beau, le parcours scénographié, et le format de l’exposition normalise sans vulgariser. En intellectualisant l’industrie du X, Erika Lust crée un contexte dans lequel regarder du contenu sexuel cesse d’être une activité solitaire et légèrement honteuse pour devenir une expérience partagée, commentée, digérée collectivement.

Faut-il vraiment  légitimer culturellement la pornographie pour transformer durablement notre rapport à la sexualité filmée ? La House of ERIKALUST ne répond pas à cette question. Mais elle prouve qu’on peut, au moins, s’interroger et essayer de faire autrement. Reste à espérer que l’expérience décide de poser ses valises à Paris dans les mois à venir.

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