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Une “mini Tour Eiffel” sur la Lune ? Le projet fou de Blue Origin à plusieurs millions de dollars

La start-up Honeybee Robotics est une filiale de Blue Origin, société aérospatiale appartenant au milliardaire américain Jeff Bezos, connu pour avoir fondé Amazon à la fin des années 90.

Une tour de 100 mètres de haut, des millions de dollars pour la construire et l’envoyer sur la Lune. Voilà comment résumer en quelques mots le projet « Lunarsaber » présenté par l’entreprise Honeybee Robotics. La filiale de Blue Origin, société de Jeff Bezos, assure que cette tour pourrait régler de nombreux problèmes à la surface de notre satellite.

Pourquoi construire une tour sur la Lune ?

Alors que le retour de l’Homme sur la Lune se profile (que ce soit via le programme Artemis ou celui de l’agence spatiale chinoise), de nombreuses industries privées veulent développer une présence humaine sur le long terme.

Or pour cela, tout est encore à construire. C’est dans cette idée que les tours d’Honeybee Robotics se démarquent. Grâce à leur hauteur, autour de 100 mètres, ces structures seraient capables de stocker et transférer de l’énergie aux différentes bases lunaires.

Plus important encore, ces tours pourraient servir d’immenses antennes relais pour faciliter les communications entre la Lune et la Terre, mais aussi entre plusieurs régions de notre satellite. Une possibilité qui vaut à ces tours le surnom de «mini Tour Eiffel» en référence au célèbre monument parisien qui sert d’antenne de communication depuis plus de 100 ans.

Combattre la nuit lunaire

L’autre avantage de ces tours sur la Lune serait de pouvoir apporter de la lumière aux astronautes pendant les très longues nuits lunaires. La configuration d’une journée classique n’est pas du tout la même sur la Lune.

Alors que nous sommes habitués sur Terre à des journées de 24 heures (à peu près) équitablement réparties, sur la Lune c’est très différent. Les journées durent 14 jours, avec un Soleil puissant qui fait monter le mercure jusqu’à +120°C.

Puis pendant 14 jours, les potentiels habitants de la Lune devront faire face aux terribles nuits lunaires. La température descend alors jusqu’à -240°C. Ce tel delta de température complique d’ailleurs grandement l’habitabilité de la surface lunaire.

Les agences spatiales voulant se rendre sur place doivent penser à des environnements à la fois capables de gérer les très hautes températures, mais aussi le froid le plus extrême. Dans ces conditions très particulières, les phares de Honyebee Robotics pourraient apporter de la lumière mais aussi de la chaleur dans ces nuits lunaires.

Pourquoi aller sur la Lune ?

Nous l’avons dit plus haut, la Lune est redevenue, pour la première fois depuis les années 60, un objectif majeur pour deux agences spatiales. La NASA dispose de son programme Artemis, misant sur un alunissage en 2028, alors que la Chine de son côté mise sur Chang’e.

Sur le moyen terme, les deux entités prévoient de s’installer durablement sur la Lune. La Chine comme les États-Unis misent notamment sur le pole Sud comme région hospitalière.

La communauté scientifique a confirmé il ya quelques années la présence (en grande quantité) d’eau dans les cratères lunaires. Prisonnière sous forme de glace, cette eau serait utilisée par la NASA et la CNSA (son équivalent chinois) pour produire de l’oxygène ou encore pour créer les premiers fruits et légumes lunaires.

Au delà de l’eau liquide, une autre ressource intéresse grandement les industriels : l’hélium 3. Présent en quantité infime sur Terre, la Lune dispose d’un certain stock (bien que là encore très limité) d’hélium 3. Or cet isotope pourrait se révéler essentiel au bon fonctionnement de la fusion nucléaire.

Rarissime sur Terre, l’hélium 3 se vend aujourd’hui pour 20 millions de dollars le kilogramme. Avec une concentration estimée à une tonne pour 100 millions de tonnes de poussière lunaire, l’hélium 3 pourrait être la mine d’or de la Lune.

Nos descendants seront ils des chercheurs d’hélium 3, à l’image des chercheurs d’or lancés dans une conquête de l’Ouest dans les années 1800 ?

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