Chaque printemps, la même question revient. Le calcul du barème d’imposition ne dépend pas que de vos revenus bruts, ce serait trop simple. Il prend en compte la situation familiale, le nombre de parts, les abattements et la décote. Autant de mécanismes qui font que deux personnes avec le même salaire peuvent se retrouver dans des situations fiscales radicalement différentes. Avec l’application de la loi de finances 2026 le 19 février dernier, les seuils ont été officiellement revalorisés à hauteur de l’inflation, soit +0,9 %. Un ajustement modeste, mais qui décale légèrement les plafonds à la hausse et évite à des milliers de foyers de franchir involontairement la ligne d’imposition.
Voilà combien il faut toucher pour ne pas payer d’impôts
Premier repère à retenir pour 2026 : une personne seule sans enfant à charge ne paie pas d’impôt sur le revenu si ses revenus nets annuels restent inférieurs à 17 595 €. Ce chiffre est plus élevé que le simple plancher de la première tranche imposable, fixé à 11 600 € par part, parce qu’il intègre la décote, un mécanisme d’atténuation automatique qui efface ou réduit l’impôt pour les contribuables dont le montant brut calculé reste faible.
Pour un couple marié ou pacsé sans enfant (deux parts fiscales), le seuil de non-imposition se situe autour de 32 000 à 33 000 € nets à deux. Une famille de quatre personnes, soit un couple avec deux enfants à charge, n’entre dans l’impôt qu’au-delà de 44 000 € environ. Le quotient familial, qui divise les revenus du foyer par le nombre de parts avant d’appliquer le barème, est le mécanisme central de ces différences. Plus on a de parts, plus le seuil remonte.
Il faut aussi souligner que ces montants s’appliquent au revenu net imposable, et non au salaire brut. Pour un salarié, le chemin entre les deux est plus long qu’il n’y paraît. Le brut est d’abord amputé des cotisations sociales obligatoires, puis réduit d’un abattement forfaitaire de 10 % pour frais professionnels, plafonné à 14 426 €. Concrètement, un salarié qui perçoit 25 000 € bruts annuels se retrouve avec un revenu net imposable sensiblement inférieur. L’écart varie selon le statut, le secteur et les charges spécifiques, mais il est rarement négligeable.
Un barème à cinq tranches, dont une à zéro
Le barème 2026 applicable aux revenus de 2025 comporte cinq tranches progressives. La première, à 0 %, couvre les revenus jusqu’à 11 600 € par part. La deuxième, à 11 %, s’étend jusqu’à 29 579 €. La tranche à 30 % monte jusqu’à 84 577 €. Viennent ensuite 41 % jusqu’à 181 917 €, puis 45 % au-delà. Ces taux ne s’appliquent qu’à la fraction du revenu située dans chaque tranche, pas à la totalité du revenu. C’est la confusion la plus fréquente : atteindre la tranche à 30 % ne signifie pas payer 30 % sur l’intégralité de ce qu’on gagne, mais seulement sur la part qui dépasse le seuil de la tranche précédente.
Ces seuils partent du principe que les revenus sont entièrement composés de salaires. La nature des revenus change la donne : les revenus locatifs, les revenus du capital, les bénéfices d’une activité indépendante obéissent à des règles d’abattement différentes. Un auto-entrepreneur et un salarié avec le même revenu brut n’auront pas au même revenu net imposable.
La campagne de déclaration des revenus 2025 débute le 9 avril 2026. Pour ceux qui veulent éviter les mauvaises surprises, un simulateur officiel disponible sur impots.gouv.fr reste l’outil le plus fiable.
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