Passer au contenu

Comment l’océan pourrait alimenter vos applications IA à l’horizon 2027

Des data centers au fond de l’océan, alimentés par les vagues et refroidis par la mer. Panthalassa lève 140 milliards de dollars pour transformer l’océan en infrastructure numérique mondiale.

Après la terre et l’espace, bientôt la mer ? Alors que nos besoins en électricité ne cessent d’augmenter en raison de l’utilisation croissante de l’intelligence artificielle, les entreprises de la tech cherchent des pistes de solution pour anticiper un potentiel futur black-out. C’est notamment l’objectif de Panthalassa, une start-up de Portland (USA) fondée en 2016 et spécialisée dans le développement de data centers marins.

L’entreprise, composée d’anciens d’Apple, de Microsoft, de la NASA ou encore de Boeing, vient d’annoncer une levée de fonds de 140 milliards de dollars en Série B avec pour but de développer des data centers alimentés par la mer.

Trois sources d’énergie sur la planète ont un potentiel de dizaines de térawatts : le solaire, le nucléaire et l’océan. – Garth Sheldon-Coulson, PDG de Panthalassa.

Une levée de fonds en Série B signifie que le produit a fait ses preuves et que le modèle économique est validé et considéré comme viable. La levée de fonds permet, à ce stade, de recruter, d’industrialiser et de s’étendre géographiquement pour permettre l’expansion de la société. “La mission : déverrouiller l’océan en tant que nouvelle ressource énergétique à l’échelle planétaire pour l’humanité”, ajoute M. Sheldon-Coulson.

Si les projets de Panthalassa connaissent une si belle avancée, c’est en raison de ce que la société promet et est parvenue à accomplir jusqu’à aujourd’hui. Ses principales recherches ont abouti à la création des centrales houlomotrices (qui fonctionnent à l’énergie des vagues, NDLR.) Ocean, des nœuds autonomes en acier capables de capter et de convertir l’énergie des vagues pour produire de l’électricité. Cette énergie servira à alimenter les puces d’IA situées à bord de la capsule. Les résultats d’inférence seront ensuite transmis à terre via satellite en orbite basse.

L’objectif du projet est donc clair : réduire la pression toujours plus importante mise sur le réseau électrique existant. Et contrairement aux data centers terrestres qui consomment énormément d’eau pour refroidir, ce sera ici l’eau de mer qui sera automatiquement utilisée pour refroidir la capsule.

2027 comme premier objectif

Le calendrier établi par la société Panthalassa remonte à 2021. La société effectuait alors ses premiers tests en conditions réelles avec trois générations différentes de prototypes, à savoir l’Ocean-1, l’Ocean-2 (celui des photos) et le Wavehopper.

L’Ocean-3, le modèle actuel, est déployé dans le Pacifique Nord depuis le début de cette année afin de valider l’inférence IA en mer. Les premiers déploiements commerciaux sont prévus dès 2027. Mais restent encore quelques enjeux que la société doit comprendre et résoudre pour conforter le projet de déploiement à grande échelle. L’eau de mer étant salée et donc particulièrement acide, Panthalassa devra comprendre comment déjouer la corrosion et ses effets sur la capsule.

D’autres acteurs sont également sur le pont pour des projets similaires, comme la Chine ou le Japon. Le premier a commencé l’immersion d’un data-center sous-marin composé de 100 modules au large de Hainan, tandis que le second va convertir des cargos en data-centers flottants dès 2027.

Le saviez-vous ? 

Le nom de la société, Panthalassa, est, somme toute, assez bien trouvé. Le mot est issu du grec ancien πᾶν / pân (« tout ») et θάλασσα / thálassa (« mer »), qui signifie “toute la mer”. La Panthalassa était à l’origine le super océan qui recouvrait la Terre, bien avant la dérive des continents. Il entourait à l’époque la Pangée, le supercontinent qui était formé par l’Afrique, l’Eurasie, les Amériques, l’Inde, l’Antarctique et l’Océanie.

🟣 Pour ne manquer aucune news sur le Journal du Geek, suivez-nous sur Google et sur notre canal WhatsApp. Et si vous nous adorez, on a une newsletter tous les matins.

Mode