Le 26 avril 2026, le marché européen de l’électricité a dégringolé. Les prix ont chuté jusqu’à -479 €/MWh, frôlant le plancher technique autorisé de -500 €/MWh. Plus concrètement, les producteurs d’énergie ont dû payer pour que quelqu’un accepte leur électricité. Une réalité structurelle qui se répète de plus en plus fréquemment, et qui interroge : pourquoi les consommateurs français ne voient-ils pas leur facture baisser ?
L’électricité à prix négatif, comment c’est possible ?
La réponse tient en un mot : l’électricité ne se stocke pas, du moins pas à grande échelle. Sur le marché, l’équilibre entre offre et demande doit être maintenu en temps réel. Quand les panneaux solaires produisent à plein régime, le réseau se retrouve saturé, et le prix s’effondre. Si personne ne veut absorber le surplus, il passe même en négatif.
Ce phénomène était rarissime il y a cinq ans. En 2020, la France comptait 102 heures de prix négatifs, un record historique à l’époque, largement attribué à la chute de la demande pendant les confinements. Depuis, la courbe s’est emballée. En 2025, la France a cumulé 432 heures à prix négatifs ou nuls. Ces épisodes se concentrent entre 12h et 16h, lors de forte production solaire, et durant les week-ends, où la demande est plus faible d’environ 5,3 GW par rapport aux jours ouvrés.
Une baisse de prix qui ne descend jamais jusqu’au consommateur
La très grande majorité des ménages paie autour de 20 centimes par kWh, que le marché soit à -479 €/MWh ou à +200 €/MWh. Le tarif réglementé s’établit à 0,1940 € le kWh en ce début 2026. Fixé deux fois par an par les pouvoirs publics sur proposition de la CRE, il absorbe les variations de marché dans un calcul de coûts moyens. Ce lissage protège les ménages lors des pics de prix, mais les prive totalement des opportunités d’économies quand le marché plonge dans le négatif.
Concrètement, un consommateur sur une offre spot paie aujourd’hui son kilowattheure autour de 0,06 € à 0,07 €, soit environ trois fois moins que le tarif réglementé. Aux heures de prix négatifs, il paie encore moins, potentiellement rien. À partir de juillet 2026, les offres à effacement tarifaire ne compteront plus comme des offres à tarification dynamique au sens de la CRE. Les grands fournisseurs, TotalEnergies, Plenitude et consorts, qui s’étaient contentés de proposer des remises sur certaines plages horaires prédéfinies pour remplir leur obligation légale, devront cette fois aller plus loin, en proposant des offres réellement indexées sur le spot.
Reste à savoir si les consommateurs seront prêts à en assumer les conséquences. Car une offre dynamique, c’est aussi le risque de payer très cher pendant les pics de tension hivernale, quand les éoliennes sont à l’arrêt et les besoins en chauffage au maximum.
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