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Cet objet que vous manipulez tous les jours est toxique, ne le touchez pas !

Le bisphénol A a bien été interdit sur les tickets en 2020. Mais son remplaçant, le BPS, est tout aussi dangereux. Et dix secondes de contact suffisent à franchir des seuils d’alerte.

On le glisse dans le cabas sans y penser. On le froisse, on l’oublie dans une poche, ou on le colle contre les légumes encore humides du marché. Le ticket de caisse, s’il n’est plus obligatoire, est devenu un objet banal. Au point d’oublier les polémiques qui l’entourent depuis les années 2010.

Pendant des années, le bisphénol A était utilisé sur le papier thermique pour permettre l’impression de la facture sur vos tickets de caisse. Classé substance extrêmement préoccupante par l’Agence européenne des produits chimiques en 2017, le BPA a finalement été interdit dans le papier thermique en Europe le 2 janvier 2020. Sauf que le bisphénol S, dit BPS, a largement pris le relais.

Le BPS : même famille, mêmes problèmes

La structure chimique du BPS est très proche de celle du BPA. Il appartient à la même grande famille des bisphénols, et ses effets sur le système hormonal sont documentés. Problème supplémentaire, il est encore plus persistant dans l’environnement que son prédécesseur. En Europe, près de 61 % du papier thermique contiendrait aujourd’hui du BPS, selon les données disponibles. Dans certains cas, c’est le bisphénol F (BPF) qui joue ce rôle de substitut. La logique et les dangers restent les mêmes.

La situation est d’autant plus dangereuse que le BPS n’est pas lié chimiquement au papier : il reste en surface, libre, et migre vers la peau au simple contact. Dix secondes de manipulation suffiraient à franchir des seuils d’alerte d’exposition. Et l’absorption est encore plus rapide si les mains sont humides, enduites de crème, ou viennent d’être désinfectées au gel hydroalcoolique. Autre voie de contamination : le transfert alimentaire direct. Un ticket glissé directement dans le sac, en contact avec des fruits ou des légumes pas encore emballés, peut transférer des bisphénols sur les aliments, et se retrouver dans votre estomac.

Les caissières en première ligne

Si le consommateur moyen touche quelques tickets par semaine, les caissières et caissiers en manipulent des centaines par journée de travail. Rien d’étonnant donc à ce que les examens urinaires révèlent des taux significativement plus élevés chez eux. Cette surexposition est d’autant plus grave pour les personnes enceintes. Les bisphénols, une fois absorbés par la peau, arrivent directement dans le sang sous forme bioactive, c’est-à-dire capable d’interférer avec les récepteurs hormonaux, sans passer par le foie, qui joue habituellement le rôle de filtre.

La réglementation européenne tente de rattraper le retard. Un texte publié fin 2024, étend les interdictions à plusieurs bisphénols supplémentaires dans les matériaux en contact avec des denrées alimentaires. Un guide d’implémentation a été publié en décembre 2025, avec une date limite de conformité fixée au 20 juillet 2026. Mais le papier thermique des tickets de caisse échappe encore largement au périmètre de ces textes.

Quelles solutions ?

La seule solution vraiment efficace reste de ne pas imprimer. La loi anti-gaspillage pour une économie circulaire a mis fin à l’impression systématique des tickets en France depuis le 1er août 2023 : un commerçant ne peut plus imposer un ticket si on ne le demande pas expressément. Pour les reçus qu’on ne peut pas éviter, mieux vaut prendre ses précautions, en tenant le papier par les bords, en évitant de le froisser dans la paume, et en se lavant les mains après.

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