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Dites au revoir à Waze, ce nouveau GPS européen pourrait tout changer

Cinq milliards d’utilisateurs, une précision au mètre près, et un objectif assumé : couper le cordon avec le GPS américain. Voici le projet Galileo.

Quand on lance une application de navigation pour rejoindre un rendez-vous, qu’on commande un VTC, ou qu’on suit en temps réel un livreur sur l’écran de son smartphone, c’est lui qui travaille désormais en coulisses. Près de cinq milliards d’utilisateurs dans le monde, vingt-neuf satellites actifs à plus de vingt-trois mille kilomètres d’altitude… Le projet Galileo est en train de ridiculiser les GPS américain, tout en opérant depuis l’Europe, sans contrôle américain.

Le GPS européen qui rebat les cartes en coulisses

Développé par l’Union européenne avec l’Agence spatiale européenne (ESA) et l’EUSPA, Galileo se présente aujourd’hui comme l’alternative crédible au Global Positioning System américain, en service depuis 1993 et toujours placé sous l’autorité du Pentagone. Actuellement, le système couvrirait près de cinq milliards d’utilisateurs dans le monde, via 29 satellites actifs placés en orbite à 23 222 kilomètres d’altitude. L’Agence spatiale européenne va plus loin, et affirme depuis avril 2024 que sa constellation constitue tout simplement « le système de navigation par satellite le plus précis au monde ».

Concrètement, le CNES évalue la précision de Galileo autour d’un mètre, contre cinq mètres pour le GPS américain classique. En Europe, la majorité des utilisateurs utilisent déjà Galileo sans le savoir. Chez Apple, la compatibilité existe depuis l’iPhone X, sorti en 2017. Samsung intègre Galileo depuis le Galaxy S8, et Google équipe ses Pixel depuis la toute première génération. La quasi-totalité des smartphones vendus depuis huit ans embarque donc une puce capable de capter à la fois les signaux GPS et Galileo.

Une indépendance qui s’accélère

Si l’Europe pousse aussi fort sur les manettes, c’est qu’elle a compris que dépendre d’un système militaire géré par les Etats-Unis n’est plus tenable. Depuis 1993, le GPS fonctionne comme un service public mondial, mais Washington garde la main sur le gros du marché. Dans un contexte de tensions commerciales et géopolitiques, l’autonomie devient presque nécessaire.

Pas de panique si vous avez pris l’habitude d’utiliser Maps et Waze, la situation ne devrait rien changer à court terme, au moins en apparence. L’utilisateur final ne choisit pas son système de positionnement, son téléphone le fait pour lui, en combinant les constellations satellitaires pour offrir la meilleure localisation possible. C’est en arrière-plan que les rapports de force basculent. Si demain Washington décidait, pour une raison politique ou militaire, de dégrader le signal GPS sur une zone, l’Europe pourrait théoriquement s’en passer, en migrant massivement vers le réseau Galileo.

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