Pour accéder à ces fonctions, il faut désormais souscrire au FSD, passé en abonnement exclusif à 99 euros par mois dès demain. C’est donc terminé pour les acheteurs français d’acquérir l’Autopilot Amélioré à 3 800 euros ou le FSD en achat unique.
Ce que vous perdez concrètement sans abonnement
C’est le point que beaucoup de commentaires passent sous silence. Le règlement européen GSR2 impose des assistances à la conduite sur tous les véhicules neufs, dont une correction de trajectoire automatique. Mais ce seuil minimal reste bien en dessous de ce qu’offrait l’Autopilot standard. Sans abonnement, les voitures Tesla ne disposent que d’un système de sécurité minimaliste qui rebondit d’une ligne à l’autre. Ce comportement dit de “ping-pong” est désagréable à vivre au quotidien, et loin du maintien fluide dans la voie qu’offraient jusqu’ici les Tesla de série.
Tesla était en avance sur la réglementation grâce à l’Autopilot standard, si bien qu’on pouvait penser qu’il allait rester, mais ce n’est pas le cas. Au début des années 2020, Tesla se distinguait grâce à ces fonctions gratuites. La Model 3 offrait alors un niveau d’assistance supérieur à la plupart des concurrentes. Six ans plus tard, les constructeurs européens et chinois ont comblé l’écart. Renault propose par exemple un assistant qui ralentit avant les ronds-points. Ce qui était un avantage concurrentiel fort est devenu une pratique standard, et Tesla en profite pour le monétiser.
La stratégie derrière le mouvement
L’objectif est limpide car il vise à augmenter le taux d’adoption du FSD en supprimant les options intermédiaires. Tesla cherche à améliorer ses marges sur chaque véhicule vendu, particulièrement dans un contexte où la production dépasse largement les ventes réelles. Les résultats du premier trimestre 2026 ont révélé cette surproduction.
Une décision de justice en Californie a par ailleurs estimé que Tesla avait trompé certains consommateurs en présentant Autopilot comme plus autonome qu’il ne l’est. Les autorités américaines ont ouvert plusieurs enquêtes sur la sécurité des systèmes. Ce contexte de pression réglementaire a accéléré la refonte commerciale.
Malgré son nom, le Full Self-Driving (rebaptisé FSD Supervised dans ses dernières versions) n’est pas un système de conduite totalement autonome de niveau 4 ou 5 selon les standards SAE. Il gère des situations en circulation : changements de voie, navigation sur autoroute, réponses aux feux et aux stops. Mais le conducteur doit rester vigilant et prêt à reprendre le contrôle à tout moment.
Le 10 avril 2026, l’autorité néerlandaise RDW a homologué le FSD supervisé de Tesla, première homologation européenne du système. Aux Pays-Bas, l’achat unique du FSD a pris fin le 15 mai, ne laissant que l’abonnement à 99 euros par mois. Pour la France et le reste de l’Europe, la date butoir est le 21 mai.
Tesla vise un déploiement progressif en Belgique, en Allemagne et dans toute l’UE d’ici l’automne 2026. Seuls les véhicules équipés du Hardware 4, livrés depuis mi-2023, seront immédiatement compatibles avec le FSD une fois activé dans chaque pays.
Un calcul à faire pour les propriétaires
À 99 euros par mois, il faudrait maintenir l’abonnement pendant 76 mois, soit un peu plus de six ans, pour atteindre l’équivalent de l’ancien prix d’achat unique à 7 500 euros. Sur dix ans de possession, l’abonnement revient à près de 12 000 euros. Tesla avait déjà retiré l’Autopilot gratuit aux États-Unis, provoquant une levée de boucliers parmi les clients habitués à cette fonction de série. Le constructeur n’a pas cédé et a maintenu sa nouvelle politique tarifaire. Il n’y avait aucune raison de croire que l’Europe sera traitée différemment.
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