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La validation par carte bancaire dans le métro arrive enfin à Paris

Île-de-France Mobilités va enfin laisser ses usagers valider un trajet d’un simple geste de carte bancaire. Un dispositif déjà déployé dans plusieurs villes de France.

Londres le fait depuis les Jeux olympiques de 2012. Madrid, Lisbonne, New York ont suivi. En France, plus de 110 réseaux de transport ont déjà sauté le pas. Et pendant tout ce temps, la première destination touristique du monde continue d’imposer à ses visiteurs un parcours du combattant avec son dispositif Navigo. Jusqu’à aujourd’hui.

Open Payment arrive enfin à Paris

Le nouveau dispositif annoncé pour IDFM a de quoi faire rêver. Avec Open Payment, les usagers posent leur carte bancaire (ou leur smartphone) sur un valideur, et celle-ci fait directement office de titre de transport. Plus de ticket à acheter au guichet, plus de Navigo à recharger, plus d’application à télécharger. Valérie Pécresse, présidente d’Île-de-France Mobilités (IDFM), a confirmé le lancement du chantier, révélé par nos confrères du Parisien.

Le déploiement se fera par vagues. Les bus ouvriront le bal à l’été 2026. L’ensemble des véhicules circulant dans Paris devrait être équipé de valideurs compatibles avec le paiement sans contact. Une poignée de lignes l’expérimentent déjà. Le métro, le RER et le Transilien suivront ensuite, avec une priorité donnée aux lignes les plus touristiques.

Cent millions d’euros en jeu

Si une idée aussi simple a mis si longtemps à arriver, c’est que la mise à jour du dispositif existant coûte cher. Équiper les milliers de portiques et de lignes de contrôle des gares et stations représenterait un investissement estimé à 100 millions d’euros. Une facture salée, qui explique en partie pourquoi les autorités ont tergiversé pendant des années avant de se décider.
Mais le vrai point sensible se situe ailleurs. Chaque passage de carte génère une commission bancaire estimée à environ 10 % de la transaction. Sur un trajet vendu quelques euros, le pourcentage peut sembler anecdotique ; rapporté aux millions de validations quotidiennes du réseau francilien, il devient une ponction non négligeable sur une recette publique.

Reste l’argument qui fait consensus : la lutte contre la fraude involontaire. La RATP a constaté une hausse notable des litiges sur les deux dernières années, en grande partie liée à des voyageurs de bonne foi piégés par une tarification trop complexe.

La carte bancaire dans le métro parisien relève de l’évolution logique, et c’est tant mieux. Reste à savoir qui réglera la note finale. Si la collectivité absorbe la commission, les usagers pourraient sortir gagnants de la situation. Mais c’est peu probable, et il faut plutôt s’attendre à ce que la note final évolue à la hausse. Rendez-vous le 12 juin pour savoir de quel côté penche la balance.

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