Passer au contenu

Le Parlement européen lâche Google pour ce moteur de recherche européen mal-aimé

Le Parlement européen tourne le dos à Google et adopte Qwant : un geste symbolique fort dans un contexte de tensions croissantes avec Washington. L’Europe ambitionne une souveraineté numérique totale.

C’est une décision qui n’aura probablement pas beaucoup d’impact dans le quotidien des millions d’Européens, mais qui est lourde de sens dans cette période de tensions géopolitiques entre l’Union européenne et les Etats-Unis. Dès ce jeudi 4 juin, le Parlement européen cessera toute utilisation du moteur de recherche Google dans l’ensemble de ses ordinateurs internes.

L’annonce a été faite en interne, au nom de “l’engagement du Parlement envers la souveraineté numérique et la protection des données personnelles des utilisateurs”. Depuis le retour de Donald Trump à la Maison-Blanche, le Vieux continent se devait de réagir avec une solution 100% européenne.

C’est donc le moteur de recherche Qwant, lancé depuis Nice en 2013, qui a reçu les faveurs du Parlement européen. Le moteur de recherche niçois se présente comme une solution user-friendly et totalement respectueuse de la vie privée. “Le moteur de recherche dont vous êtes l’utilisateur, pas le produit”, annonce d’ailleurs la plateforme sur son site.

Malheureusement, Qwant est encore trop peu connu en Europe et ailleurs dans le monde. Face au mastodonte qu’est Google, le moteur français ne possède qu’1% de parts de marché en France, et ce chiffre descend à 0,5% au niveau mondial.

Qwant remplacera Google comme moteur de recherche par défaut sur les ordinateurs du Parlement européen, conformément à l’engagement du Parlement envers la souveraineté numérique et la protection des données personnelles des utilisateurs. – Communication interne du Parlement européen

Actuellement, Qwant repose sur l’index de recherche de Bing (Microsoft), avec anonymisation totale des requêtes. La société française s’est toutefois associée à l’allemand Ecosia dans le but de créer un index complètement européen, appelé Staan (Search Trusted API Access Network), destiné à réduire la dépendance de l’UE aux entreprises californiennes de la tech.

Une souveraineté numérique visée à court terme

Google est régulièrement sanctionné dans l’Union européenne pour ses pratiques en matière de données. En septembre 2025, elle avait justement été condamnée à 100 millions d’euros d’amende par la CNIL française pour sa politique de cookies. Le plus célèbre moteur de recherche du monde exploite d’ailleurs les données de navigation de ses utilisateurs à des fins publicitaires, ce qui est totalement incompatible avec les exigences de l’UE.

D’ailleurs, le remplacement de Google par Qwant s’inscrit dans une politique plus globale visant à renforcer la souveraineté numérique européenne. La Commission a d’ailleurs révélé son plan structuré en quatre points clés, avec notamment un accent tout particulier mis sur l’IA et la production des semi-conducteurs. 

🟣 Pour ne manquer aucune news sur le Journal du Geek, suivez-nous sur Google et sur notre canal WhatsApp. Et si vous nous adorez, on a une newsletter tous les matins.

Mode