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Google veut donner à Gemini le contrôle total sur vos contacts

Google vient d’activer l’intégration entre son assistant IA et Google Contacts. Pratique, jusqu’à ce qu’on réalise ce que ça implique vraiment.

Il y a quelques semaines, Gemini savait chercher un vol, résumer un e-mail ou retrouver une photo dans Google Photos. Depuis début juin, il peut aussi fouiller votre carnet d’adresses, créer de nouvelles fiches contact, en modifier, voire en supprimer, le tout à la voix ou par simple message texte. Google vient d’activer l’intégration officielle de son assistant IA dans Google Contacts.

La nouveauté est accessible depuis le menu « Personal Intelligence > Connected Apps » de l’application Gemini. Elle n’est pas encore visible pour tous les comptes, Google procédant à un déploiement progressif, prioritairement sur les abonnements AI Ultra équipés de Gemini Spark. Concrètement, une fois la connexion activée, Gemini peut répondre à des questions du type « Quel est le numéro de téléphone d’Alex ? », ajouter automatiquement un contact après une conversation, ou encore rappeler les anniversaires enregistrés dans les fiches.

Un assistant qui connaît tout le monde

Ce qui change avec cette intégration, c’est la nature même des données auxquelles Gemini accède. Jusqu’ici, l’assistant de Google travaillait principalement sur des contenus produits par l’utilisateur lui-même : ses e-mails, ses documents, ses recherches. Avec Google Contacts, il entre dans une autre catégorie : les données relationnelles. Noms, numéros de téléphone, adresses, dates d’anniversaire, notes personnelles, relations professionnelles, tout ce qui constitue l’identité numérique d’un individu est désormais potentiellement mobilisable par le modèle pour « personnaliser ses réponses et ses suggestions »… Sans forcément demander le consentement aux principaux intéressés.

Google l’assume sans détour dans la description officielle de la fonctionnalité : l’objectif est de fournir « des insights personnalisés basés sur vos contacts ». En pratique, cela signifie que si vous demandez à Gemini de rédiger un message pour votre collègue, il pourra théoriquement s’appuyer sur ce qu’il sait d’elle depuis votre carnet d’adresses pour adapter le ton ou le contenu. C’est exactement le type de contextualisation que Google cherche à atteindre depuis des années avec ses assistants, et que la concurrence (OpenAI avec sa mémoire persistante, Anthropic avec ses projets) s’efforce aussi de déployer.

La question des données personnelles

Google précise que les données restent dans son écosystème, et que la connexion peut être désactivée à tout moment depuis les paramètres. Reste que la politique de confidentialité de Google stipule que les données utilisées pour améliorer les réponses de Gemini peuvent, selon les paramètres de l’utilisateur, contribuer à l’entraînement du modèle. Un détail qui en dit long sur ce que l’entreprise peut théoriquement faire avec vos données. Attention donc à ne pas activer la fonctionnalité par réflexe, comme on accepterait des cookies sans les lire. Google a construit quelque chose d’indéniablement utile. La question, comme toujours avec ce type d’intégration, est de savoir si vous êtes prêts à lui offrir vos données et celles de vos contacts sur un plateau d’argent.

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