Ce 8 juin sur Paramount+, il y a une production qui est sortie le plus discrètement possible, et il n’y avait aucune raison de le faire. Il s’agit de la série animée Among Us. Pourtant, sur le papier, le projet avait tout pour plaire aux joueurs, souvent friands des adaptations animées. Inspirée du phénomène vidéoludique d’Innersloth, la série compte dix épisodes d’environ treize minutes chacun et reprend le concept qui a transformé Among Us en phénomène de société durant le confinement.
Pour ceux qui auraient réussi à passer à côté, le jeu original met en scène un équipage de petits astronautes colorés chargés d’accomplir des tâches à bord d’un vaisseau spatial pendant qu’un ou plusieurs imposteurs tentent d’assassiner discrètement tout le monde. Avec ses nombreux mensonges, accusations et trahisons, le titre était devenu l’un des plus gros succès de l’année 2020. Une sorte de “Loup-Garou” version jeu vidéo spatial.
La série animée conserve cette base. Un équipage se retrouve piégé dans un huis clos tandis qu’un tueur sème le chaos parmi les membres de l’équipe. À la production, Paramount a imposé Owen Dennis un vétéran de l’animation, ainsi que CBS Studios, avec l’ambition d’en faire une comédie de science-fiction accessible à tous.
Mais le plus étonnant, finalement, c’est peut-être le silence qui entoure le projet. Très peu de communication, peu d’avis critiques, quasiment aucune discussion sur les réseaux sociaux. Pour une adaptation d’une licence aussi populaire, c’est presque fascinant. On a l’impression que la série est sortie dans l’indifférence générale. C’est pourquoi on s’est empressé de tout regardé, et ce n’est pas si mauvais.
Ça manque un peu d’Among Us
D’abord, elle est extrêmement rapide à regarder. Avec des épisodes de treize minutes, l’ensemble de la saison se dévore en une soirée assez facilement. C’est un vrai point fort à une époque où chaque nouvelle série semble exiger dix heures d’investissement minimum.
Visuellement, la fidélité au jeu est remarquable. Les personnages, les couleurs, les décors et même certaines animations rappellent immédiatement le titre d’Innersloth. Si vous avez passé des soirées à suspecter vos amis d’être l’imposteur en 2020, vous retrouverez instantanément vos repères. Là où les choses se compliquent un peu, c’est du côté de l’écriture.
Paradoxalement, Among Us aurait probablement gagné à davantage exploiter son ADN de jeu d’enquête. On pouvait imaginer une série plus proche d’un whodunnit, multipliant les fausses pistes et les retournements de situation. À la place, l’intrigue met souvent les pieds dans le plat et manque de subtilité. Il faut dire que l’accent est plutôt mis sur des tentatives de comique de situation qui ne rencontrent pas l’impact escompté. Les blagues prennent parfois un tournant politique tout en restant tout public, mais le plus gros des rires viendra sûrement du comique de personnage, qui est lui même contenu à deux entités sur la dizaine présente.
Trop enfantin pour séduire pleinement un public adulte, mais pas assez familial pour devenir une véritable série jeunesse, Among Us donne l’impression de chercher son identité, et surtout son rythme. À certains moments, elle semble vouloir reproduire l’énergie absurde d’une série comme Gumball sans jamais réellement atteindre ce niveau d’inventivité.
À regarder si vous êtes vraiment curieux et
La bonne surprise arrive surtout dans la seconde moitié de saison. L’enquête devient plus intéressante, les enjeux prennent un peu plus d’épaisseur pour le spectateur et l’ensemble gagne enfin en personnalité. C’est à ce moment-là que la série commence réellement à fonctionner.
Du côté de l’animation, elle est solide sans être exceptionnelle, les scènes méta font souvent leur petit effet et l’ensemble reste suffisamment sympathique pour se regarder sans souci.
Pour l’instant, aucune saison 2 n’a été annoncée. Et compte tenu du silence médiatique qui entoure la série depuis sa sortie, il est difficile d’être optimiste. Ce serait dommage, car malgré ses défauts, cette première saison donnait parfois l’impression qu’elle commençait seulement à trouver sa formule au moment où elle s’arrêtait.
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