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Renault va produire 600 drones kamikaze Chorus par mois au Mans

Le 6 juin 2026, la ministre des Armées Catherine Vautrin annonçait dans un entretien accordé à Ouest-France que Renault allait lancer la production de masse de drones militaires avant la fin de l’année, dans une “cadence industrielle automobile”.

Le constructeur de la Mégane et du Scenic va assembler des munitions téléopérées à longue portée au Mans. Ce n’est pas un projet de défense classique, mais une expérience industrielle inédite, et c’est précisément ce qui intéresse la DGA.

C’est quoi le Chorus ?

Chorus est un drone militaire de grande taille, développée par Turgis et Gaillard, dont l’évaluation par la Direction générale de l’armement a lieu en 2026. Il doit faire dix mètres d’envergure pour huit mètres de long. Il peut porter une charge militaire de 500 kg sur une distance de 3 000 km. La comparaison avec le Shahed 136 iranien, massivement utilisé par la Russie en Ukraine, s’impose d’elle-même car c’est la même logique, la même famille d’appareil, le même principe de saturation à bas coût. Sauf que le Chorus est français est conçu pour être produit à cadence industrielle, et livré à la DGA.

Renault ne s’occupe pas de l’armement. Le constructeur automobile a formellement précisé que la fabrication concernait «un drone aérien» et qu’il laisserait à la DGA le soin d’armer les appareils. La distinction est juridiquement importante. Renault assemble une structure volante. Ce qu’on en fait ensuite ne le regarde pas officiellement.

L’usine du Mans transformée

C’est dans un ancien bâtiment logistique de 5 000 mètres carrés du site du Mans, baptisé “JJ”, qu’une ligne d’assemblage est en cours d’installation. Selon Le Monde, une centaine de camions ont évacué les matériels stockés dans cet espace avant les travaux de sécurisation et d’adaptation.

Près de 100 salariés sur les 1 400 que compte le site ont répondu à un appel interne lancé début avril 2026 pour constituer une première équipe d’environ 30 personnes, organisée en deux-huit. Les premiers prototypes doivent sortir durant l’été 2026, avec des essais prévus en septembre. Un porte-parole de Renault a déclaré que “la ligne devrait être opérationnelle fin 2026“.

600 drones par mois

Une capacité allant jusqu’à 600 unités par mois pourrait être développée en moins d’un an. C’est le chiffre que la DGA a mis en avant depuis le début pour justifier l’implication de Renault plutôt qu’un industriel de défense classique. Patrick Pailloux, délégué général pour l’armement, a déclaré au Sénat que l’objectif était de vérifier que Renault puisse produire en volume le jour venu. Il ne s’agit donc pas nécessairement de remplir des entrepôts dès maintenant, mais de démontrer qu’une ligne de production automobile peut basculer vers la défense rapidement si nécessaire.

Patrick Pailloux a évalué le coût unitaire de la munition à 120 000 euros lors d’une audition du 15 avril 2026 devant la commission de la défense de l’Assemblée nationale. À titre de comparaison, un missile antiaérien Patriot coûte entre 1 et 4 millions d’euros. La logique économique est exactement la même que celle qui rend les drones si redoutables sur les champs de bataille ukrainiens : saturer avec des engins bon marché pour épuiser des défenses coûteuses.

Un contrat qui peut rapporter gros

Le projet, soutenu par l’État, représente un contrat d’environ 90 millions d’euros dans un premier temps, avec un contrat potentiel d’environ un milliard d’euros sur dix ans si les drones donnent satisfaction. L’État français est actionnaire de Renault à hauteur de 15 %. Ce n’est pas un hasard si c’est lui qui a été contacté.

Renault revient ici dans un champ quitté depuis plus de vingt ans, après la vente de Renault Trucks Defense à Volvo en 2001. Ce retour est discret, centré sur l’assemblage industriel, pas sur la doctrine militaire. Le constructeur le dit clairement via Fanny Turgis, directrice générale de Turgis Gaillard, qui résume la philosophie commune “Des choses rustiques, simples à produire et rapidement déployables.

En parallèle au Chorus, Renault travaille avec John Cockerill, propriétaire du fabricant de véhicules militaires Arquus, sur un drone terrestre, probablement un 4×4 téléguidé à usage militaire et civil, qui devrait être présenté au salon Eurosatory le 15 juin 2026 au Parc des expositions de Paris-Nord Villepinte, mais Renault ne l’a pas encore confirmé officiellement.

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