Scary Movie fait son grand retour et comme la promo l’annonçait, personne n’est à l’abri. Blanc, noir, transgenre, transphobe, pro-Trump mais aussi le six-seven, le Covid, le mouvement woke, l’Académie des Oscars, la vision toujours clichée du monde du jeu vidéo les dérives du streaming ou encore la génération Z, les Frères Wayans n’épargnent personne et taclent vraiment tout le monde. Si le film souffre d’une vraie tenue et d’un fil rouge, qui se retrouve vite décousu et trop vite parasité par le besoin de placer un maximum de parodies en un temps record, ce dernier est évidemment bourré de références, que ce soit dans certaines scènes ou certains dialogues. De quoi ressortir la fameuse phrase “T’as la réf’”?
Un chargeur wokewatts, les Avengers également de la partie
Ces fameuses réfs, elles se retrouvent parfois même dans certains éléments du décor, suffisamment visibles pour être repéré. On pense au chargeur électrique Wokewatts, qui se situe à côté de l’église dans laquelle Ray rentre pour repousser sa nature homosexuelle et son attirance pour les hommes. Cette scène fait évidemment écho à celle de Sinners, dans laquelle le jeune Sammy veut se repentir auprès de son père et songe à abandonner sa guitare et la musique… avant de finalement embrasser définitivement son rêve d’être un musicien de blues. Le film de Ryan Coogler est encore mis à l’honneur avec la scène où les vampires essaient de rentrer dans la grange de Smoke et Stack, reconvertie en juke-bar. Là, c’est une partie du casting et notamment les filles de Cindy et le petit ami douteux qui tente de rentrer dans la maison, avec le même look que les vampires blancs de Sinners.
Qui dit Scary Movie dit forcément des clins d’œil à Scream. Le début du film est un copier-coller de la scène d’ouverture dans les rues de New York du sixième épisode. Mais la surprise se situe dans le déroulement de la séquence. En quelques minutes, Teyana Taylor, invitée surprise du film et tout en autodérision, tacle les Oscars pour ne pas l’avoir récompensée pour sa performance dans Une Bataille après l’autre, film dont elle fait l’hommage avec un “Viva la Revolucion”, venant du fond du cœur.. Elle rameute auprès d’elle un groupe de militants comme Steve Rogers fait appel à ses Avengers. L’image n’est pas forcée, elle est même dite par Ghostface lui-même, avec un des militants noirs qui se protège avec un bouclier… pardon un couvercle de poubelle, comme le futur Captain America l’avait fait dans les rues de Brooklyn avant d’avoir ses pouvoirs.
Ma en fil rouge, Epstein et Kanye West également cités
The Substance a aussi droit à ses moments. Un petit tacle pour l’Académie des Oscars (encore) pour ne pas avoir récompensé la performance de Demi Moore, pour commencer et pour bouder le genre horrifique, même quand celui-ci met tout le monde d’accord. Avant d’entrer dans le vif du sujet, avec non pas une substance mais La Sauce, une autre forme de liquide (de la même couleur que celle du film), qui aura pour conséquence de faire sortir les dossiers Epstein du dos de la victime, Gail mais de transformer celle-ci en fausse blonde infiltrée. Un running-gag en hommage au premier Scary Movie et à l’autre film des Frères Wayans.

Un autre film est en avant tout au long du long-métrage sous forme de fil rouge lui aussi. Il s’agit de Ma, dans lequel Octavia Spencer se transforme en assistante-vétérinaire beaucoup trop avenante, et qui invite régulièrement des jeunes à faire la fête dans son sous-sol. C’est Regina Hall qui reprend le rôle de Sue-Ann, avec la même coupe de cheveux, ce qui lui vaudra d’ailleurs une remarque dans ce sens, autant pour le clin d’œil que pour ceux qui n’auraient pas eu la réf. Comme le personnage qu’elle parodie, Regina Hall va se montrer extrêmement avenante avec ses enfants et les amis de ses enfants, en faisant une victime random au passage. Le racisme et l’avancée de la cause noire sont également traités dans le film, avec une référence rapide au chanteur Kanye West. Dans le film, on peut voir un livre nommé : “The Real Black History By Kanye West”, dans lequel le rappeur apparaît en couverture en tenue noire du Klu Klux Klan, ce visuel renvoyant à la tenue qu’il a arborée lors d’un podcast en 2025, dans lequel il critique vertement son ancienne compagne Kim Kardashian.
Les plus grands monstres de l’horreur dans un métro, la revanche des Wayans envers leur franchise
Dans le métro, il ne vous aura pas échappé que la poupée de MEGAN est présente. Difficile de la rater tant celle-ci prend de la place, avec une danse au milieu des voyageurs. Mais cette séquence permet aussi de (re)voir le méchant d’Hellraiser et ses piques sur le visage, lors d’une scène qui parodie la célèbre scène du métro de Scream 6, ainsi que d’autres monstres du genre, comme Pennywise, Leatherface ou encore Jason…. S’il n’est pas présent à ce moment-là, Candyman fait également partie des figures de l’horreur moquées dans le film, avec un monstre défiguré reconverti en dealers de bonbons… histoire de faire honneur à son nom. Les trends TikTok ne sont pas en reste. Le Six-Seven est (malheureusement ?) là, de même que le Naruto Run, qui parodie évidemment la course des enfants dans le film Evanouis.
Si le moment est drôle, que dire de la fin du film et de sa scène mid-générique, avec une revisite du Nosferatu de Robert Eggers, mais version comique cette fois ? On n’oublie pas non plus que l’enquête policière placée dans le film, ainsi que la scène finale de l’interrogatoire sont des références à Longlegs, que Scary Movie n’épargne pas non plus Everything Everywhere All At Once, avec une scène de combat avec des objets pour adultes, que John Wick, son costume en kevlar et son goût pour les headshots sont également de la partie, et, qu’enfin, le film ne cesse de faire des références à l’intrigue finale du premier, où l’agent Doofy se révélait être le tueur, à l’image de Keyser Söze à la fin d’Usual Suspects.

Teyana Taylor n’est pas la seule VIP présente dans ce film puisque Shaquille O’Neal joue aussi les guest de luxe, en incarnant l’un des nombreux Ghostface présents dans le film. L’occasion pour les Wayans de se payer la légende du basket US, notamment pour son débit de parole lors des show NBA où il officie comme consultant, car jugé trop… lent. D’ailleurs, cette séquence permet aux Frères Wayans de régler leurs comptes avec les anciens membres du casting, comme Anthony Anderson, invité surprise du final, jugés comme traîtres pour avoir continué à apparaître dans les épisodes de Scary Movie dont ils n’étaient plus à l’écriture (3, 4 et 5, même si ni Anderson, ni Farris ni Hall ne jouent pas dans ce dernier). Le message de la conclusion et du film dans son ensemble : une volonté pour cette ancienne génération de se réapproprier leur franchise, de mettre un taquet à la Gen Z, moquée tout au long du film à travers la médication, leur rapport au travail ou leurs divers troubles et littéralement brulée à la fin du film… et d’y réinstaller leurs propres codes, ceux qui ont fait le succès de la saga à ses débuts, en taclant au passage la nouvelle mode des legacyquel, des reboot ou encore des soft reboot. Vu le démarrage du film au box-office, on ne peut que leur donner raison.
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