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Dans moins de quatre ans, un supermarché sur deux aura un problème

Au 1er janvier 2030, tous les commerces de plus de 400 m² devront consacrer au moins 20 % de leur surface de vente de produits de grande consommation à des produits sans emballage primaire, vrac compris.

La loi Climat et Résilience date de 2021, mais le décret d’application, lui, n’est tombé qu’en novembre 2025, quatre ans plus tard qui en dit beaucoup sur l’enthousiasme de la filière.

Ce que la loi impose concrètement

Le décret n°2025-1102 du 19 novembre 2025 cible les commerces de plus de 400 m² où les produits de grande consommation représentent au moins 5 % du chiffre d’affaires. Concrètement, c’est pratiquement tous les supermarchés et hypermarchés de France qui sont concernés.

Les 20 % ne se calculent pas uniquement sur le vrac au sens strict. Les emballages réemployables et les recharges sont inclus dans le calcul, ce qui élargit significativement les produits pouvant êtres comptabilisés. Un distributeur qui propose des bouteilles consignées ou des recharges de produits ménagers progresse vers l’objectif sans forcément installer un rayon de légumineuses en vrac. Certains produits sont exclus pour des raisons sanitaires, d’autres, comme les boissons alcoolisées, les cosmétiques et les détergents, ne comptent que partiellement.

Les supermarchés vont dans le mauvais sens

Entre 2023 et 2026, le nombre de magasins proposant de la vente en vrac est passé de 57 % à seulement 38 %. Le vrac recule pendant que l’obligation approche. Un rapport publié en mai 2026 par Que Choisir Ensemble et No Plastic In My Sea, basé sur une enquête dans 1 659 magasins, dresse un constat sans appel : les pratiques évoluent peu et les engagements affichés ne se traduisent pas en rayon. Les ventes d’eaux embouteillées ont même progressé de 3,3 % en 2025 !

Seules les enseignes bio tirent leur épingle du jeu avec en moyenne 129 références en vrac, contre 44 en grandes et moyennes surfaces classiques.

Cependant, pour les clients, l’impact dépend de comment les distributeurs vont interpréter la loi. Si les 20 % sont atteints via des recharges et du réemployable, le rayon vrac au sens traditionnel (céréales, légumineuses, épices, produits ménagers) ne grandira pas nécessairement. La loi fixe un objectif de surface, pas un type de produit précis.

Une étude ADEME souligne que les produits bio vendus en vrac sont généralement moins chers que les mêmes produits bio préemballés, avec des écarts allant de -4 % à -22 %. Si l’obligation pousse les grandes surfaces à développer le vrac sur les produits conventionnels, le bénéfice pour le pouvoir d’achat pourrait être réel. Encore faut-il que les distributeurs jouent le jeu.

2030, c’est dans moins de quatre ans

Pour les enseignes qui partent de loin, l’adaptation est loin d’être anodine car revoir l’agencement des rayons, former les équipes, adapter les systèmes de pesée et de traçabilité, trouver des fournisseurs capables de livrer en vrac. La DGCCRF, qui pilote le dossier, a prévu une période de transition jusqu’à 2030 pour affiner les modalités pratiques. Ce qui veut dire que des précisions supplémentaires sur ce qui compte ou non dans les 20 % pourraient encore arriver.

Les distributeurs qui n’ont pas commencé ont quatre ans, et ce n’est pas long pour refaire 20 % d’un supermarché !

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