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Meta avait glissé un système de reconnaissance faciale dans l’app de ses lunettes… avant de le faire disparaître

Pris la main dans le code, Meta a rapidement fait marche arrière. Après une enquête révélant la présence d’un système de reconnaissance faciale caché dans l’app de ses lunettes connectées, l’entreprise a publié une mise à jour supprimant presque toutes les traces de cette technologie.

Parfois, les mises à jour logicielles servent à corriger des bugs. D’autres fois, elles servent à faire disparaître des fonctionnalités dont on préférerait que personne ne parle. Ce 4 juin, le site WIRED révélait avoir découvert dans le code de l’application Meta AI un système de reconnaissance faciale baptisé « NameTag » en interne. Cette application n’est pas un obscur logiciel de laboratoire : elle sert notamment à connecter les lunettes intelligentes de Meta à un smartphone.

Un système caché dans une application téléchargée par des millions de personnes

Selon l’enquête, le système n’avait jamais été activé auprès du grand public. Mais il était déjà largement présent dans l’application distribuée à des dizaines de millions d’utilisateurs. L’idée derrière NameTag était relativement simple. Les lunettes pouvaient capturer le visage d’une personne, le transformer en signature biométrique unique puis comparer cette empreinte à une base de données stockée localement sur l’appareil.

Le système ne s’arrêtait pas là. Lorsqu’un visage n’était pas reconnu, il pouvait être recadré, indexé et conservé pour un traitement ultérieur. Autrement dit, l’application semblait prête à mémoriser les personnes croisées dans la rue avant même que Meta ne décide officiellement de lancer la fonction.

Ce projet n’était d’ailleurs pas totalement inconnu. En février dernier, le New York Times révélait déjà que Meta travaillait sur une fonction de reconnaissance faciale pour ses lunettes connectées. Le nom « NameTag » apparaissait déjà dans plusieurs documents internes.

Le plus étonnant dans cette histoire est peut-être la rapidité de la réaction. Le lendemain de la publication de l’enquête, Meta déployait une nouvelle version de l’application. Les bibliothèques de reconnaissance faciale avaient disparu. Le processus NameTag aussi. Même la notification qui devait afficher « Person recognized » après l’identification d’un individu avait été supprimée.

Meta assure pourtant qu’aucune décision finale n’avait été prise. Andy Stone, vice-président de la communication du groupe, a expliqué à WIRED qu’il s’agissait simplement d’un projet exploratoire et qu’aucun choix n’avait encore été arrêté. Une explication qui laisse certains observateurs sceptiques. Après tout, des ingénieurs ont conçu le système, intégré son code dans une application diffusée à grande échelle et développé les mécanismes nécessaires à son fonctionnement. On est loin d’une simple idée griffonnée sur un tableau blanc.

L’entreprise n’a pas répondu aux questions portant sur la durée de conservation des données biométriques, sur l’éventuelle création d’une base de profils faciaux ou encore sur la possibilité pour les utilisateurs d’accepter ou de refuser cette fonction.

Les lunettes connectées suscitent déjà des inquiétudes liées à l’enregistrement discret de vidéos dans les lieux publics. Plusieurs associations de défense de la vie privée redoutent qu’un système de reconnaissance faciale puisse être utilisé pour identifier des inconnus dans la rue, avec tous les risques que cela implique.

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Source : Wired

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