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Plus besoin de ticket de métro, la carte bancaire va bientôt suffire à Paris

Île-de-France Mobilités a dévoilé le calendrier et les tarifs du paiement par carte bancaire dans les transports franciliens. Le métro, les bus, et bientôt les RER vont s’y mettre, mais ce ne sera pas gratuit, et pas pour tout le monde.

Neuf millions et demi. C’est le nombre de déplacements effectués chaque jour dans les transports en commun d’Île-de-France, à raison de neuf millions de Franciliens, et de 500 000 touristes. Une fraction, en apparence marginale, mais qui va justifier un investissement de 140 millions d’euros, a annoncé cette semaine la présidente de région Île-de-France Valérie Pécresse. IDFM vient de lever le voile sur l’acte 2 de sa révolution billetique, en annonçant le paiement par carte bancaire dans les transports parisien avant la fin de cette année. Une bonne nouvelle, mais pas pour tout le monde.

Comme à Londres ou New York, les visiteurs pourront bientôt valider leur passage en tapotant leur Visa ou leur Mastercard sur un lecteur, sans avoir à chercher un automate, à faire la queue au guichet ou à télécharger une application dédiée. Pour 48 % des touristes qui achètent encore leurs titres aux distributeurs, c’est une promesse de fluidité bienvenue. Mais la liberté a un prix.

3,35 € le ticket de métro

La position de Valérie Pécresse est sans ambiguïté : « Notre objectif, c’est que les touristes payent le prix ». 80 centimes de plus que le prix standard pour un ticket métro, train ou RER, soit 3,35 € l’unité au tarif actuel. Pour le bus, le surcoût est de 50 centimes, ce qui porte le ticket à 2,55 € (déjà le prix d’un ticket acheté au conducteur ou via SMS). Quant au ticket aéroport, il passera à 14,80 €. Les correspondances, elles, ne sont pas incluses dans un premier temps : entre le métro et le RER, il faudra repayer, en attendant que tout le réseau soit équipé de valideurs compatibles.

L’idée est de financer le coût total du dispositif (140 millions d’euros en investissement, puis 25 millions par an en fonctionnement, soit 45 millions annuels en coût amorti sur sept ans) par les seules recettes générées par les utilisateurs de la carte bancaire, estimés à 10 % des validations, soit 60 millions de transactions par an une fois le réseau entièrement équipé. Les Franciliens quant à eux, auront tout intérêt à se tourner vers les forfaits mensuels, annuels, ou le Pass Liberté Plus, nouveau fer de lance de l’organisme des transports.

Un déploiement en trois temps

Dès le 30 juin 2026, une borne de régularisation par carte bancaire sera installée à la sortie d’Orly. D’ici juillet 2027, c’est toute la ligne 1 du métro qui sera équipée, ligne choisie pour sa forte fréquentation touristique : 32 000 non-Franciliens l’empruntent chaque jour pour rejoindre les musées et les Champs-Élysées. La ligne 14 et la 4 suivront avant fin 2027, puis les lignes 7 et 12 d’ici 2028. Les RER et le reste du réseau ferroviaire basculeront à l’horizon 2030, en une seule opération : impossible techniquement de faire autrement, puisque ces lignes sont interconnectées, et qu’elles imposent une validation à l’entrée et à la sortie.

Côté bus, le mouvement est déjà lancé : entre novembre 2025 et mai 2026, 1 300 bus de Paris et de la petite couronne ont été équipés. Fin août 2026, c’est l’ensemble des 4 500 bus du secteur qui le seront. À l’été 2028, les 10 500 véhicules franciliens (bus et cars express compris) seront couverts.

Pour ce déploiement à très grande échelle, le principal point de friction n’est pas seulement financier. C’est la disponibilité des valideurs, ces petits boîtiers, installés à côté du lecteur Navigo classique, qui devront être commandés en quantité industrielle pour supporter les ambitions d’IDFM. Pour l’instant, aucun prestataire n’a été défini.

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