C’est l’un des principaux points de friction entre les plateformes de streaming par abonnement et le gouvernement français. Depuis leur arrivée sur le territoire, les offres SVoD doivent se conformer aux réglementations en vigueur en matière de chronologie des médias. Là où il leur est possible de diffuser un film sorti en salles après seulement 45 jours aux États-Unis, les géants du divertissement de salon doivent attendre entre 9 et 17 mois dans l’Hexagone.
En 2025, certaines entreprises du secteur ont négocié des positions plus avantageuses pour rendre leurs catalogues plus attractifs. C’est le cas de Disney+ qui s’est offert une fenêtre à neuf mois contre un investissement de 25% de son chiffre d’affaires net annuel en France. De son côté, Netflix a négocié avec les organisations du cinéma et de l’audiovisuel pour bénéficier d’un délai de 15 mois. On fait le point.
Canal+ en première ligne
Canal+ est le premier investisseur dans le cinéma en France, une position qui lui permet de bénéficier de la fenêtre la plus avantageuse sur la grille. La chaîne peut diffuser les films sortis au cinéma après seulement six mois. Cette place a été négociée en 2022, avant, Canal+ profitait d’une échéance à 8 mois.
Pour rappel, Canal+ a le droit de diffuser les films qu’elle a elle-même produit ainsi que ceux qui entrent dans le cadre de ses accords avec les studios américains d’envergure. Jusqu’en 2025, Canal+ avait par exemple la possibilité d’ajouter tous les films de la Walt Disney Company à son catalogue. L’accord ayant pris fin en janvier de l’année dernière, les productions Marvel, Star Wars ou encore Disney Animation doivent désormais patienter quelques mois de plus avant de se rendre disponible à tous.
Du reste, les accords en cours en 2026 permettent à Canal+ de proposer en première fenêtre les films Sony Pictures (plus pour longtemps), Warner Bros, Paramount et Universal. Mission : Impossible – The Final Reckoning vient par exemple de rejoindre le catalogue, tout comme Dragons et 28 ans plus tard.
Disney+ en moins d’un an
En janvier 2025, Disney+ a surpris son monde en accélérant l’accès à ses films en France. Lors des négociations avec les organisations de l’audiovisuel et du cinéma, la firme est parvenue à s’offrir un délai de 9 mois contre 17 auparavant. Depuis un an, Disney+ peut donc ajouter ses nouveaux films moins d’un an après leur exploitation dans les salles obscures.
Quelques métrages ont déjà bénéficié de ses nouvelles mesures, à commencer par Blanche Neige, Captain America : Brave New World ou encore Vaiana 2. Jusqu’ici, Disney+ s’était montrée plutôt hostile à l’encontre de la chronologie des médias. La firme avait menacé de retirer Black Panther 2 de son calendrier de sortie en 2022. L’entreprise avait finalement pris la décision de se conformer à la chronologie des médias et de proposer le deuxième film de la saga en salles.
Trois ans plus tard, c’est en douceur que l’entreprise a changé les règles. Désormais, Disney+ doit investir 25% de son chiffre d’affaires net en France dans la création locale. En trois ans, la firme prévoit de financer un minimum de 70 films. Lors de sa conférence de presse de rentrée, la plateforme a réaffirmé son envie de participer à l’effort de création local et dévoilé quelques-unes des productions françaises qui investiront ses rangs en 2026 et 2027.
Netflix en bas du podium
Longtemps plus avantagée, Netflix a perdu sa place privilégiée en 2025 lors des négociations de Disney+. Si la plateforme conserve sa fenêtre à 15 mois, elle devient de facto la deuxième offre payante du genre sur la chronologie des médias. Une situation à laquelle l’entreprise pourrait vouloir remédier rapidement.
En 2025, Netflix s’est lancée dans le rachat de Warner Bros. Dès lors, l’entreprise mettrait la main sur de nombreux films importants à l’échelle du box-office mondial. Pour tirer profit de ses ajouts, le N rouge pourrait vouloir négocier avec les organisations de l’audiovisuel et du cinéma. C’est d’autant plus vrai que Netflix vient de signer un accord mondial avec Sony Pictures qui lui offre l’exclusivité en “pay 1” de tous les films de son catalogue. Le deal doit se dérouler entre 2027 et 2029.
17 mois pour les autres
Pour les plateformes n’ayant pas négocié avec les organisations du cinéma et de l’audiovisuel en France, les délais ont été tout de même raccourcis en 2022. Désormais, Apple TV+, Prime Video ou encore Paramount+ peuvent diffuser leurs films après 17 mois contre 36 auparavant. Par exemple, Paramount+ devra attendre un peu plus d’un an avant de proposer Mission : Impossible – The Final Reckoning au cinéma. Le film porté par Tom Cruise n’arrivera donc pas avant le mois de juillet sur la plateforme.

Et M6+ et TF1+ ?
Il n’y a pas que les géants américains qui donnent maintenant dans le streaming par abonnement… ou presque. TF1 et M6 ont lancé leur service du genre après l’échec de Salto. Si l’essentiel de leurs catalogues est constitué de programmes maison, certains films sont aussi disponibles. TF1+ et M6+ ne bénéficient en revanche pas de la même fenêtre que les autres plateformes de streaming, elles se conforment aux délais appliqués pour la télévision.
Elles doivent ainsi attendre 22 mois avant de les diffuser sur leurs antennes et de les ajouter à leurs plateformes, comme un replay amélioré. Durant cette période, les plateformes de streaming par abonnement doivent retirer les films concernés pour éviter de faire concurrence.
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