Il devait s’éteindre le 1er juin 2026. Plus d’un siècle après avoir été poinçonné pour la première fois sous les arches de la ligne 1, le ticket de métro en carton bénéficiera finalement d’un dernier répit. Selon une information de nos confrères de franceinfo publiée le 28 mai 2026, l’autorité régionale Île-de-France Mobilités (IDFM) a décidé de repousser à l’automne la fin de l’acceptation du petit bout de papier dans le métro et le RER. La raison officielle ? « Offrir quelques mois de plus aux usagers » pour écouler les stocks restants qui dorment dans les portefeuilles, les sacs et les fonds de tiroirs franciliens.
Né le 19 juillet 1900 à l’inauguration de la première ligne de métro de Paris, le ticket cartonné a survécu aux deux guerres mondiales, au passage du franc à l’euro, à l’arrivée du tourniquet automatique en 1973, à l’apparition du passe Navigo en 2001 et même à la pandémie de Covid. Sa fin, programmée depuis 2021, s’étire désormais sur plusieurs années comme un feuilleton à rallonge qui refuse de trouver sa conclusion.
Une survie au pourcentage homéopathique
Selon les données communiquées par l’autorité, les tickets magnétiques en carton ne représentent plus que 0,15 % des validations actuelles dans le réseau francilien. En septembre 2025, ils pesaient encore 3,7 % des achats, sur les 32,3 millions de titres vendus chaque mois. Pour les remplacer, la carte Navigo Easy, disponible depuis juin 2019, coûte 2 € à l’achat et se recharge en boutique, en distributeur ou via les applications dédiées. À son côté, l’abonnement Navigo Liberté propose une formule à la carte, payable en fin de mois. Pour les détenteurs de smartphones récents, Bonjour RATP, SNCF Connect et l’application Île-de-France Mobilités permettent d’embarquer directement les titres dans le téléphone, avec l’annonce du Pass annuel quelques jours plus tôt.
Derrière l’argument logistique se cache aussi un dossier industriel et environnemental qu’IDFM ne mentionne jamais en première ligne, mais qui pèse depuis le départ. Au milieu du XXe siècle, près d’un milliard de tickets sortaient chaque année automates. À l’aube de la dématérialisation en 2018, le rythme était encore de 550 millions d’unités par an, dont une bonne partie finissait au sol, dans les couloirs, sur les voies, ou démagnétisée. Pour les nostalgiques, l’objet sera bientôt cantonné aux brocantes, aux collections privées et aux boîtes à souvenirs.
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