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C’est une première en France, un drone vient de survoler 120 km d’autoroute la nuit pour repérer le danger avant vous !

Un drone qui vole 120 kilomètres en ligne, de nuit, à 120 mètres de hauteur, pour repérer un portail mal fermé ou un obstacle sur la chaussée avant qu’un accident ne se produise. Ce n’est plus de la science-fiction.

Le 9 juin 2026, Egis, exploitant de l’autoroute A88, la société concessionnaire Alicorne et le fabricant de drones toulousain Delair ont mené la toute première expérimentation en France d’un drone longue distance pour la surveillance autoroutière, de jour comme de nuit.

Ce que le drone a vraiment fait

Deux vols d’expérimentation ont été réalisés en conditions réelles de circulation, pour des cas d’usage concrets du quotidien, sur des portions de l’A88. Équipé de caméras infrarouges, le drone longue distance était piloté hors du champ visuel de l’opérateur et a parcouru environ 120 kilomètres durant chaque mission. Ce n’est pas un drone qu’on pilote à vue depuis le bord de la route, c’est un appareil qui vole en autonomie sur de longues distances, hors de portée visuelle directe de l’opérateur, ce qui en fait une opération technique d’un tout autre niveau qu’un simple survol.

Le drone ne vole pas directement au-dessus de l’autoroute mais légèrement à côté, à 120 mètres de hauteur, conformément à l’autorisation accordée par la Direction générale de l’aviation civile. Avec une vitesse de 60 km/h, l’appareil de Delair transmet en temps réel les données récoltées au centre de contrôle de l’A88, situé à Fontenai-sur-Orne, près d’Argentan.

L’objectif est de détecter des anomalies comme des portail ouvert, obstacle sur la chaussée, défaut de signalisation. Autant de situations qui, repérées tôt, peuvent éviter un accident.

Pourquoi c’est important ?

Le timing n’est pas anodin puisque le 12 juin, la Sécurité routière a annoncé une hausse de 4 % de la mortalité sur les routes françaises en mai 2026 par rapport à l’année précédente. Dans ce contexte, tout outil capable de détecter un risque avant qu’il ne se transforme en accident prend une valeur particulière pour les exploitants autoroutiers.

Jusqu’ici, les drones à longue portée étaient utilisés depuis des années pour la surveillance de réseaux électriques ou ferroviaires. C’est la première fois en France qu’un drone est testé sur une portion d’autoroute, ouvrant de nouvelles perspectives dans l’inspection opérationnelle des autoroutes à des fins de sécurité. Egis exploite 7 800 kilomètres d’autoroutes en France, s l’expérimentation est concluante, le potentiel de déploiement n’est pas anecdotique.

Mais l’idée n’est pas de remplacer les équipes au sol, plutôt de les épauler. Un drone qui couvre 120 km en une mission peut détecter en quelques minutes ce qu’une patrouille mettrait des heures à repérer sur l’ensemble du réseau. La nuit, où la visibilité humaine est la plus limitée, c’est précisément le créneau où l’appareil infrarouge apporte le plus de valeur. Une anomalie détectée tôt, c’est une équipe d’intervention envoyée au bon endroit avant qu’un automobiliste ne percute l’obstacle.

Il  est important de préciser que ce drone ne sert pas à verbaliser les excès de vitesse. Les radars drones existants en France depuis 2017 sont équipés de caméras de surveillance et volent jusqu’à 40 mètres au-dessus de la route pour repérer des infractions au Code de la route en temps réel, transmises aux forces de l’ordre. Le dispositif testé sur l’A88 est différent car c’est un outil de maintenance et de sécurité préventive pour l’exploitant de l’autoroute, pas un outil répressif pour les automobilistes.

La distinction compte aussi sur le plan juridique. Le Conseil constitutionnel a déjà censuré des dispositions de la loi sécurité globale jugées disproportionnées concernant la surveillance par drone, rappelant que ces appareils ne doivent pas servir à une surveillance généralisée de la population. Un drone qui détecte un portail ouvert ou un objet tombé sur la chaussée se situe dans un cadre d’usage très différent d’un drone qui surveillerait les comportements des conducteurs.

L’expérimentation reste à ce stade un test grandeur nature, pas un déploiement. Mais la première étape est franchie car un drone longue distance a survolé une autoroute française en conditions réelles, de jour comme de nuit, sans incident, en transmettant des données exploitables en temps réel. La question qui suit est celle du calendrier : combien de temps avant que ce type d’appareil rejoigne la flotte d’outils standards des exploitants autoroutiers français ?

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