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Pourquoi votre box internet consomme autant branchée et inutilisée, qu’en pleine séance Netflix ?

Branché et silencieux, votre routeur travaille dans l’ombre en permanence. L’ARCEP (Autorité de régulation des communications électroniques, des postes et de la distribution de la presse) vient de mesurer ce que personne ne vous dit vraiment : 90 % de la consommation électrique d’une box se produit quand elle n’est pas utilisée.

9,1 watts à ne rien faire

Dans la cinquième édition de son enquête annuelle “Pour un numérique soutenable”, publiée le 21 mai 2026, l’ARCEP a soumis 36 modèles de box internet au banc d’essai : du vieux modem ADSL à la box 5G dernier cri, en passant par la plupart des offres fibre dominantes. Le protocole de test était volontairement banal : box allumée, Wi-Fi actif, aucun appareil connecté, aucun téléchargement en cours. C’est ce que le régulateur appelle la consommation en “fonctionnalité non sollicitée”.

Résultat : 9,1 watts en moyenne. C’est la consommation de votre box lorsqu’elle ne fait strictement rien. Lancer une série en 1080p sur Netflix ajoute entre 0,1 et 1,2 watt supplémentaire à cette base. Connecter un téléphone ? Même ordre de grandeur. En pratique, ce que vous faites avec votre connexion représente au maximum 10 % de la consommation totale de l’appareil. Les 90 % restants, c’est le coût de la simple présence électrique de la box dans votre salon.

Il y a cependant de grands écarts de consommation entre les différents modèles : de 3,3 watts pour les plus sobres à 25 watts pour les plus énergivores. Selon la box fournie par votre opérateur, vous pouvez être à 30 euros d’électricité annuelle ou à plus de 200 euros pour le même service rendu.

Disque dur intégré et box fibre : deux cas qui aggravent le tableau

Certaines configurations poussent la consommation bien au-delà de la moyenne. Les box équipées d’un disque dur intégré affichent 19,4 watts en moyenne, soit plus du double. Le disque tourne en effet constamment, même s’il n’est pas utilisé.

Même logique pour les abonnés fibre dont l’installation comprend un boîtier ONT séparé, placé au point d’entrée de la fibre dans le logement : 11,3 watts en moyenne, parce que deux appareils actifs consomment simplement plus qu’un seul.

Les décodeurs et répéteurs Wi-Fi font monter l’addition

Selon l’ARCEP, 77 % des abonnements internet s’accompagnent d’un service audiovisuel, et donc d’un décodeur TV. Celui-ci consomme en veille une moyenne de 4,1 watts. Même si vous avez l’impression d’avoir tout coupé, l’appareil continue de consommer hors utilisation. Pour ces appareils, les écarts entre modèles sont encore plus importants que pour les box : de 0,2 watt pour le plus sobre à 15,4 watts pour le plus énergivore, soit un facteur 80.

L’un des facteurs importants à prendre en compte pour moins consommer, c’est l’âge de l’appareil. Les décodeurs sortis avant 2020 consomment 6,5 watts en veille, contre 2,9 watts pour leurs successeurs commercialisés après cette date, soit 55 % de moins. L’explication tient à un mode rarement documenté : par défaut, la plupart des anciens modèles se mettent en veille légère, où le processeur continue de tourner en arrière-plan. Un mode de veille profonde existe, nettement plus sobre, mais il est désactivé par défaut et enfoui dans les paramètres de l’appareil.

Quant aux répéteurs Wi-Fi, ces petits boîtiers qu’on installe pour couvrir les parties les plus éloignées de la maison, ils tirent en moyenne 5,6 watts en permanence. Au final, une installation complète peut facilement dépasser 15 à 20 watts constants, 24 heures sur 24, 365 jours par an.

3,4 TWh : les box internet consomment plus que les réseaux qui les alimentent

Étendu aux 33 millions de foyers français équipés, le chiffre devient éloquent. Box internet et décodeurs TV ont consommé 3,4 TWh d’électricité en 2024, soit environ 0,8 % de la consommation électrique nationale. Ce total est en baisse de 3 % par an en moyenne depuis trois ans, signe que les équipements récents progressent. Cependant, il reste cinq fois supérieur à la consommation de l’ensemble des réseaux d’accès fixes du pays. Autrement dit, les appareils à domicile consomment plus d’énergie que l’infrastructure entière qui les relie à internet.

À l’échelle d’un foyer avec box, décodeur et répéteur Wi-Fi, la note peut dépasser 50 à 70 euros par an, même sans utilisation expressive. C’est l’équivalent de plusieurs mois d’abonnement streaming dépensés en électricité totalement passive.

Débrancher la nuit : efficace, mais pas vraiment pratique

La solution qui présente le plus d’économies est d’éteindre la box la nuit via son interrupteur ou en débranchant la prise. L’ARCEP mesure qu’en ce cas, le bloc d’alimentation tombe à seulement 0,1 watt.

C’est efficace, mais pas sans contraintes : redémarrage au réveil, quelques minutes de latence, et pour les foyers avec des équipements connectés en permanence ou très équipés en domotique, la coupure est à planifier avec soin. Parfois, il est possible de couper le Wi-Fi la nuit depuis l’application de l’opérateur, sans débrancher la box. Cette seule action réduit la consommation d’environ 19 %. Ce n’est pas révolutionnaire, mais c’est documenté, gratuit, et ça demande seulement quelques secondes de configuration.

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