Passer au contenu

Cate Blanchett veut aider tout le monde à dire « non » à l’IA

Cate Blanchett lance le Human Consent Registry, un registre gratuit qui permet aux habitants des États-Unis et de l’Union européenne d’indiquer si leur nom, leur image, leur voix ou d’autres éléments de leur identité peuvent être utilisés par des systèmes d’intelligence artificielle. Une bonne idée… même s’il faudra encore convaincre les entreprises d’IA.

Cate Blanchett passe une bonne partie de sa carrière à incarner d’autres personnes. La voilà désormais engagée dans une mission un peu différente : aider chacun à garder la main sur sa propre identité à l’heure de l’intelligence artificielle. L’actrice, productrice et cofondatrice de RSL Media a annoncé le lancement du Human Consent Registry, un registre public destiné à indiquer clairement ce que les systèmes d’IA ont le droit — ou non — de faire avec une personne. Le principe est simple, presque scolaire : rouge, orange, vert.

Un feu tricolore pour son visage, sa voix et le reste

Les utilisateurs situés aux États-Unis ou dans l’Union européenne peuvent créer un compte sur le site de RSL Media, renseigner quelques informations biographiques (nom, profession, site web, comptes sociaux) puis de choisir un niveau de consentement. Rouge : usage interdit. Orange : usage autorisé, mais sous conditions. Vert : feu ouvert, l’utilisation est permise. Une fois l’inscription terminée, la personne obtient un Human Consent ID, une sorte de fiche de permissions que les plateformes et systèmes d’IA pourront consulter avant d’utiliser son nom, son image, sa voix, ses mouvements ou d’autres attributs personnels. En tout cas, c’est l’idée.

« Votre identité est votre propriété intellectuelle à l’ère de l’IA, et chacun mérite le droit de décider comment l’IA peut ou ne peut pas l’utiliser », explique Cate Blanchett. RSL Media veut ainsi rendre le consentement plus lisible, plus accessible, et surtout compréhensible par les machines. Car dire « non » à une IA, c’est bien. Encore faut-il qu’elle sache où regarder !

Le registre a été présenté au Parlement européen, avec le soutien d’Eva Maydell, eurodéputée bulgare du Parti populaire européen et ancienne négociatrice de l’AI Act. Le cinéaste Steven Soderbergh, soutien de RSL Media, était également associé au lancement. Le casting donne le ton : le sujet intéresse évidemment les artistes, acteurs, créateurs, sportifs, agents et ayants droit, déjà confrontés aux voix clonées, aux doublures numériques et aux images générées sans accord clair.

RSL Media insiste toutefois sur un point : le dispositif n’est pas réservé aux célébrités qui ont déjà trois avocats, deux agents et un manager. Une personne sans représentant peut s’inscrire gratuitement. La technologie s’appuie sur le standard Really Simple Licensing, un protocole ouvert pensé pour indiquer, de manière lisible par les machines, les droits d’usage et les conditions de licence liés aux contenus. Reste le gros morceau : l’application concrète. Pour l’instant, rien ne garantit que les entreprises d’IA consulteront ce registre, ni qu’elles respecteront les choix qui y figurent.

🟣 Pour ne manquer aucune news sur le Journal du Geek, suivez-nous sur Google et sur notre canal WhatsApp. Et si vous nous adorez, on a une newsletter tous les matins.

Mode