Vous en avez marre qu’on parle de GTA 6 et de ne pas pouvoir investir plus de 30 euros dans un jeu pour le peu de temps que vous avez sous la main ? C’est personnellement mon cas, et Solarpunk est arrivé au meilleur moment dans ma vie. Disponible depuis le 8 juin sur PC (et accessible via le Xbox Game Pass), c’est un jeu bac à sable qui m’a réconcilié avec le calme et la lenteur dans un monde où les jeux vidéo demandent de plus en plus d’énergie pour être appréciés.
Le genre du jeu de survie a pris une direction bien particulière ces dernières années. Chaque nouvelle sortie veut ajouter sa mécanique supplémentaire : gestion de la température, poids du sac à dos, faim, soif, maladies, météo hostile, raids sur la base, et tutti quanti. À force, certains jeux deviennent presque plus stressants que relaxants si on veut s’en sortir vivant. Solarpunk prend exactement le contre-pied de cette philosophie.
Ne pensez pas y trouver un jeu de survie complexe avec un système de combat, de ravitaillement et de pression environnementale élaboré. Solarpunk va droit au but et se contente d’arborer l’essentiel. Dans ce genre, je pourrais vous dire que Palworld est bien plus stimulant, mais il laisse tellement moins de place à l’erreur. Devoir penser au poids qu’on porte sur soi, aux températures extérieures, aux menaces animales et aux attaques inopinées au camp de base, c’est autant de points qui, dans les mauvais jours, peuvent réussir à mettre la pression à la joueuse angoissée que je suis.
Dans Solarpunk, vous ne trouverez pas de menace plus grande que celle de vous prendre un éclair pendant les orages. Et encore, ceux-ci sont signalés quelques secondes avant, à leur emplacement exact. Difficile de faire plus bienveillant. Les développeurs précisent d’ailleurs sur la fiche Steam du jeu qu’il s’agit “d’une expérience calme de survie et de fabrication, centrée sur la paix, la créativité et une progression tranquille“. Vous pouvez les prendre au mot.

Construire, décorer et oublier le reste
Après quelques rapides heures de prise en main du système de fabrication, d’évolution et d’amélioration, l’accent est rapidement mis sur ce qui fait réellement l’intérêt du jeu : la personnalisation de son environnement. Vous disposez d’assez de ressources pour construire l’écosystème de vos rêves, qu’il s’agisse d’un immense manoir de verre sur pilotis, décoré de plantes du sol au plafond, d’un gigantesque champ de pastèques ou encore d’une forêt de bouleaux à perte de vue. Solarpunk donne envie de bâtir un lieu dans lequel on aurait envie d’habiter. Il lui manque presque un véritable outil de terraformation pour compléter cette philosophie très orientée construction.
Comme dans tout bon bac à sable, c’est finalement au joueur de définir ses propres priorités. Vous pouvez décider d’utiliser toute la technologie disponible ou, au contraire, de tout faire manuellement. J’ai personnellement trouvé le système d’automatisation de certaines tâches particulièrement satisfaisant, alors que je ne me sers quasiment jamais de l’énergie solaire pour mes circuits. C’est un peu ironique quand on voit le nom du jeu.

Pour le moment, Solarpunk ne propose que deux biomes et la variété des ressources reste relativement limitée. Les objectifs de départ vous obligent à toucher un peu à tout, mais très vite, le jeu vous laisse libre de poursuivre uniquement ce qui vous intéresse réellement. Les seules quêtes qui existent sont finalement celles que l’on se fixe soi-même, et ce sont souvent elles qui nous font disparaître pendant plusieurs heures sans voir le temps passer. Il faudra cependant passer par une phase assez linéaire de progression pour débloquer tout ce que le jeu a à offrir.
Un jeu imparfait, mais incroyablement apaisant
En termes de prise en main, difficile de faire plus simple. La philosophie du studio est claire, presque rien n’a besoin d’être expliqué. Les différents ateliers s’apprennent naturellement, les recettes sont logiques et même la navigation du dirigeable, qui pourrait paraître intimidante au premier abord, devient très vite instinctive. C’est rafraîchissant de jouer à un jeu qui ne vous noie pas sous les fenêtres de tutoriels.
On sent aussi que les développeurs savent exactement où ils veulent emmener leur projet. La feuille de route promet davantage de décorations, de fleurs et de plantes, des panneaux solaires adaptés aux toits inclinés, de nombreuses améliorations de confort ainsi que plusieurs optimisations de stabilité. Rien de révolutionnaire, mais exactement ce que la communauté attend d’un jeu centré sur la construction et la détente.

Solarpunk ne va clairement pas révolutionner le genre des jeux bac à sable, mais il m’a honnêtement apporté beaucoup de paix. Parfois, jouer aux jeux vidéo devrait simplement se résumer à chercher quelques framboises pour remplir sa jauge de faim. Trois ou quatre bouchées plus tard, le problème appartient déjà au passé.
C’est le genre de jeu pensé pour celles et ceux qui relancent Animal Crossing tous les trois mois juste pour refaire entièrement leur île. Sauf qu’ici, vous pouvez partager cette aventure avec des amis et construire ensemble un petit coin de paradis suspendu dans les nuages. Parfois, c’est exactement ce dont on a besoin.
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