Pendant un peu plus de deux ans, la France a regardé passer le train. AI Overviews, la fonctionnalité destinée à intégrer un résumé IA tout en haut des résultats de recherche, tourne déjà dans plus de 120 pays et territoires. L’Hexagone, lui, faisait figure de dernier bastion à résister . C’est terminé. Selon une information de Ouest-France confirmée en fin de journée lundi 29 juin, Google déploiera la fonction sur le territoire avant le 23 septembre 2026. D’ici la fin de l’été, la page de résultats que des millions de Français consultent chaque jour ne ressemblera plus tout à fait à celle d’aujourd’hui.
Gemini veut des réponses IA
Le principe est simple, et c’est précisément ce qui le rend redoutable. En tête de la page de résultats, Gemini, l’IA maison de Google, synthétise une réponse à la requête formulée, accompagnée de quelques liens vers les sources. L’internaute obtient son information sans avoir à cliquer, ni à ouvrir le moindre site. Dans la foulée, Google activera aussi AI Mode, une version conversationnelle de la recherche où l’on peut affiner sa question au fil de l’échange, comme on le ferait avec un chatbot classique.
Sur le papier, le dispositif apportera plus de conforts aux internautes. Sauf que la situation est particulièrement inquiétante pour les éditeurs de presse et, plus généralement, pour le journalisme. Si la réponse s’affiche directement dans Google, pourquoi irait-on encore visiter les pages qui l’ont produite ?
Un piège pour le journalisme ?
Du côté des éditeurs, l’enthousiasme se fait nettement moins sentir. Si l’internaute trouve sa réponse sans cliquer, le trafic s’effondre, et avec lui les revenus publicitaires qui font déjà grise mine. La presse va mal, et ce n’est pas nouveau. L’idée qu’un résumé automatique vienne s’intercaler entre le lecteur et l’article a donc de quoi crisper, les éditeurs européens avaient d’ailleurs déjà porté plainte sur le sujet.
Cette semaine, Google a pris les devants, en écrivant aux éditeurs français. Au menu des promesses : la possibilité de ne pas figurer dans les résumés IA, une transparence sur les impressions générées, et une rémunération au titre des droits voisins, mais uniquement pour les contenus réellement consultés par les utilisateurs. Les 450 éditeurs déjà couverts par ce régime seront automatiquement inclus. L’entreprise assure que la fameuse chute de trafic redoutée par les éditeurs n’a pas eu lieu dans les pays où AI Overviews est déjà en place.
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