Le débat autour de la disparition progressive des jeux vidéo physiques vient de franchir une étape inattendue. Dans un message publié sur X, Jean-Luc Mélenchon s’inquiète de la place laissée aux joueurs face à la dématérialisation du marché. En citant GTA 6, annoncé sans disque dans certaines éditions physiques, et la fin des ventes de disques PlayStation first-party à partir de 2028, l’homme politique pose une question simple : que possède-t-on réellement lorsqu’on achète un jeu ?
“Demain, vous paierez sans jamais rien posséder“, écrit-il, évoquant l’impossibilité de prêter, revendre ou conserver durablement un titre acheté. Il promet également d’ouvrir le chantier en 2027, alors que l’élection présidentielle française approche à grands pas.
Avec GTA 6 sans disque en 2026 et l'annonce de Sony de la fin des ventes de disques physiques pour les jeux en 2028, la question de savoir comment on considère ces produits se pose.
Demain, vous paierez sans jamais rien posséder. Ni prêt, ni revente, ni garantie de conserver ce…
— Jean-Luc Mélenchon (@JLMelenchon) July 2, 2026
Quand le jeu vidéo devient un sujet politique
Ce type de récupération n’a rien d’exceptionnel. À l’approche d’une campagne électorale, les sujets culturels, technologiques ou liés au pouvoir d’achat deviennent régulièrement des terrains de discours pour les formations politiques, à gauche comme à droite. Les jeux vidéo, longtemps perçus comme un loisir de niche ou réservé aux enfants, ont désormais un poids économique et culturel trop important pour être ignorés.
Il faut donc regarder cette prise de parole avec recul car elle s’inscrit aussi dans une période où les candidats cherchent à s’adresser à de nouveaux publics et à des préoccupations concrètes du quotidien. Quand c’est un sujet de préoccupation pour les uns, c’est souvent l’inverse pour les autres, et tout le monde s’exprime vocalement. Mais au-delà de l’argumentaire politique, le fond du sujet mérite effectivement d’être pris au sérieux.
Le jeu vidéo est devenu l’un des grands médias culturels de notre époque, dépassant le cinéma ou encore la musique au niveau mondial. Il raconte des histoires, construit des imaginaires collectifs, inspire des films et des séries, crée des communautés et marque des générations entières. Voir des œuvres aussi importantes que GTA 6, Red Dead Redemption 2 ou les exclusivités PlayStation devenir difficiles à conserver dans le temps pose donc une vraie question patrimoniale.
Le disque ne garantit déjà plus tout
Le paradoxe, c’est que le format physique actuel n’est pas toujours la garantie de propriété que les joueurs imaginent. De nombreux jeux PS4 et PS5 nécessitent déjà des mises à jour massives, une connexion aux serveurs ou des téléchargements obligatoires, y compris pour des expériences solo. Posséder la boîte et le disque ne suffit donc pas forcément à préserver une œuvre si les infrastructures disparaissent un jour.
La fin des disques reste néanmoins inquiétante pour d’autres raisons très concrètes telles que la revente, le prêt entre proches, le marché de l’occasion et la possibilité de faire marcher la concurrence entre plusieurs revendeurs. Dans un écosystème entièrement numérique, les stores des constructeurs deviennent des passages presque obligatoires, créant donc un monopole pas très éthique.
Des solutions sont encore possibles
Le tableau n’est pas forcément condamné à être noir. L’Europe commence déjà à s’intéresser à l’ouverture des écosystèmes numériques, comme l’a montré le bras de fer entre Apple et Epic Games autour des boutiques d’applications. À terme, des règles pourraient favoriser davantage de concurrence sur les stores console, et donc de meilleures promotions pour les joueurs. La question de la revente numérique pourrait aussi trouver des réponses, via des plateformes encadrées ou des licences transférables.
Aujourd’hui, quoi qu’on en dise, les joueurs ne possèdent vraiment aucun jeu. Ils gagnent des droits d’accès à la licence tant que l’éditeur et/ou le studio le permettent.
🟣 Pour ne manquer aucune news sur le Journal du Geek, suivez-nous sur Google et sur notre canal WhatsApp. Et si vous nous adorez, on a une newsletter tous les matins.