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Recyclage des bouteilles en plastique : l’Europe valide une nouvelle méthode controversée

L’Union européenne vient d’autoriser le recyclage chimique des bouteilles en plastique. Une aubaine pour les industriels, un « précédent dangereux » pour les défenseurs de l’environnement.

Pendant que la France s’écharpe sur la consigne des bouteilles en plastique, Bruxelles a tranché un autre débat, autrement plus technique, mais aux conséquences bien plus larges. Fin juin, l’Union européenne a définitivement validé le recyclage chimique comme méthode reconnue pour recycler les bouteilles en PET, au même titre que le recyclage mécanique.

Chauffer le plastique pour le recycler

Jusqu’ici, quand on parlait de bouteille recyclée, on parlait surtout de recyclage mécanique : le plastique était collecté, lavé et broyé, puis refondu pour créer des granulés. Un procédé simple, éprouvé, mais limité, qui ne tolérait qu’un seul type de plastique à la fois et supportait mal les emballages sales, multicouches ou bourrés d’additifs.

Le recyclage chimique, lui, joue dans une autre catégorie. Plutôt que de fondre la matière, il la décompose à l’échelle moléculaire, généralement en la chauffant à plusieurs centaines de degrés, grâce à la pyrolyse, la dépolymérisation ou la dissolution. À l’arrivée, on obtient une matière première quasiment identique à du plastique vierge, apte au contact alimentaire.

Sur le papier, l’intérêt saute aux yeux : rendre entièrement recyclables des déchets jusque-là voués à l’enfouissement ou à l’incinérateur. La règlementation européenne impose déjà aux bouteilles de contenir au moins 25 % de matière recyclée, un seuil qui grimpera à 30 % en 2030. En autorisant le recyclage chimique à entrer dans ce calcul, l’UE offre aux industriels une nouvelle carte pour atteindre ces objectifs. « Une mesure concrète pour soutenir le secteur et faire progresser des technologies innovantes », s’est félicitée Jessika Roswall, commissaire à l’Environnement, dans un contexte où l’industrie européenne du plastique encaisse de plein fouet la concurrence chinoise.

Un casse-tête écologique

Sauf que tout le monde ne voit pas le recyclage chimique comme une avancée. Le recyclage chimique est une technologie énergivore, encore largement embryonnaire, et plus polluante que son cousin mécanique. L’Agence européenne des produits chimiques (Echa) a par ailleurs pointé un risque plus insidieux : rien ne garantit que ces procédés éliminent correctement les substances préoccupantes, et certains additifs nocifs présents dans les produis dédiés au recyclage pourraient se retrouver dans le produit final.

Aussi, les associations de protection de l’environnement craignent que l’attention portée au recyclage chimique fasse oublier l’essentiel, qui reste de produire moins de plastique plutôt que de le recycler. En 2024, la planète a fabriqué près de 431 millions de tonnes de plastique vierge. Dans l’Union, à peine 12,2 % des matières utilisées cette même année provenaient de matériaux recyclés. Autant dire que l’économie du plastique reste, structurellement, une économie du neuf.

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