Le nouvel Ecovacs Deebot X12 se décline en plusieurs versions : le modèle X12 Pro Omni que nous testons ici (en blanc sachant qu’il existe aussi en noir) et le X12 OmniCyclone. Ils se distinguent par leur station de charge multifonction – sans sac pour l’OmniCyclone, avec sac pour le Pro Omni (lancé à 1199 €, soit 100 € de moins que la version sans sac). Cela a une incidence sur le design général de l’ensemble, plus sobre dans le cas du X12 Pro Omni. Il s’agit bien entendu d’une station tout-en-un qui assure toutes les opérations d’entretien désormais habituelles à ce niveau de gamme (vidange automatique de la poussière, rechargement en eau avec mélange de détergent, nettoyage puis séchage du rouleau avec récupération de l’eau sale). Ces deux appareils complètent la série haut de gamme X par le sommet.

Une cartographie pertinente mais sans reconnaissance automatique ou presque
Ecovacs a fait le choix de livrer son appareil sans accessoire de rechange : pas de filtre, de sac, de rouleau ni de brossette supplémentaire ; seulement deux petites bouteilles de détergent. La station multifonction est naturellement un peu encombrante mais pas outre mesure. Après l’installation et la connexion au réseau WiFi qui ne prend que quelques minutes, la cartographie est elle aussi rapide. Pour notre étage de vie, elle a été effectuée en moins de 6 min, le X12 évitant au passage l’escalier sans souci. Il nous livre une cartographie de notre logement cohérente, les cloisons et ouvertures étant positionnées aux bons emplacements. Nous avons seulement revu le découpage de la grande pièce de vie (séjour/salle à manger). Le X12 a aussi reconnu les types de sols dans chaque pièce quasiment sans se tromper. Il a très bien identifié le carrelage ainsi que le parquet, puis par la suite le tapis de test que nous avons ajouté. En revanche, il lui est arrivé à plusieurs reprises de croire repérer un tapis à franges dans notre salle à manger, sans qu’on comprenne ce qu’il avait pu confondre avec un tel élément de mobilier. Au passage, soulignons que l’idée de pouvoir distinguer dans l’application un tapis classique d’un tapis à franges dans lequel le robot pourrait s’emmêler est plutôt bonne.
La reconnaissance automatique se limite au sol car contrairement à un certain nombre de robots du marché, le X12 ne reconnaît pas les meubles qui se trouvent dans les pièces et ne propose donc pas de les nommer automatiquement par déduction – et ce malgré le fait qu’il embarque une caméra. Il ne le fait ni lors de la cartographie rapide (que nous avons refaite deux fois pour vérifier), ni à l’occasion des cycles qui suivent. Dommage car même si ce type de fonction intelligente n’est pas indispensable, cela réduit les manipulations liées au paramétrage et c’est toujours agréable.
Navigation : relativement efficace malgré l’absence d’identification d’objets
Le système de navigation s’appuie sur une caméra et un capteur dToF. Via la technologie AIVI d’Ecovacs, le robot est supposé reconnaître les objets pour évaluer la meilleure méthode d’évitement et la distance à laquelle il peut s’en approcher. Contrairement à de nombreux concurrents dans sa gamme de prix, le X12 n’identifie pas clairement les objets. Il est donc impossible de savoir s’il a bien reconnu un câble ou une chaussure par exemple. D’ailleurs, sur la cartographie, il ne place même pas une balise correspondant à un obstacle. Il n’en prend pas non plus de photos alors que la caméra est fonctionnelle (et permet de visionner ce qui se passe en direct depuis l’application). Néanmoins, la plupart du temps, il semble “voir” les choses qui traînent au sol.

Quant à la manière dont il les évite, c’est parfois un peu acrobatique. Il s’en approche souvent près au point de risquer de s’y emmêler, surtout s’il s’agit de tissus comme des chaussettes. Il a aussi été un peu aventurier avec nos tongs qu’il a d’abord poussées avant de carrément rouler dessus, au risque que la brossette s’agrippe dans la bride. Il semble un peu plus précautionneux avec les câbles. Étonnamment, la capacité d’évitement n’a rien à voir avec la taille des obstacles car il s’est montré plus soigneux avec les jouets de notre chat, qu’il n’a même pas bousculés, qu’avec nos chaussures. Notez qu’il est possible de régler la sensibilité au sein de l’application, ce que nous recommandons vivement aux utilisateurs qui ont des objets fragiles, des câbles visibles et des objets qui traînent au sol. En effet, nous avons fait ces constats malgré le réglage “haute sensibilité” ; en mode standard, le robot est encore plus rentre-dedans, pour améliorer la couverture des surfaces.

À propos de la couverture des surfaces justement, bien que le X12 ne soit pas le plus fin du marché (il est même assez épais puisqu’il mesure 9,8 cm), il passe sous certains meubles que les concurrents boudent parfois comme notre canapé, le dessous des radiateurs ou le dessous de nos meubles de cuisine. Il évalue même assez bien son épaisseur et il est capable de reculer si ça bloque (ce qu’il a fait sous un de nos placards de cuisine) – une intelligence que tous les robots n’ont pas, certains forçant jusqu’à rester bloqués.
Lors de nos tests, le X12 s’est rarement coincé mais c’est arrivé. Nous conseillons de ranger les câbles et de faire place nette avant son passage.
Une pincée d’IA qui ne nous convainc pas pleinement
L’intelligence artificielle, qui est utilisée à plusieurs niveaux, ne nous a pas entièrement convaincus. Ecovacs l’exploite pour proposer une planification intelligente des cycles de nettoyage. Mais cela s’appuie sur le journal des cycles et non sur l’état de saleté des sols, ce qui est dommage puisque le robot l’évalue. De plus, les suggestions qu’il nous a faites ne nous ont pas semblé très pertinentes. Il nous est même arrivé de valider une proposition qu’il nous faisait sans prendre la peine de vérifier. Nous avons eu la surprise que le robot se lance en pleine nuit (nous n’avions pas activé la fonction “Ne pas déranger”, il est vrai)… De plus, après avoir réalisé des tests intensifs et lancé de nombreux cycles successifs pendant plusieurs jours, on peut s’étonner que la suggestion de programmation propose deux passages par semaine (un peu juste sachant qu’on a renseigné la présence d’animaux dans la maison).
L’application propose aussi un mode Agent IA, alternative au nettoyage personnalisé. On peut l’utiliser comme n’importe quel mode, pour lancer un cycle dans la totalité du logement ou seulement dans certaines pièces. C’est le robot qui planifie ses trajectoires et les paramètres indépendamment pour chaque pièce. Or, si à l’issue des cycles, l’application fournit une carte des pièces et des zones les plus sales, malgré tout, il ne propose pas de laver ces pièces deux fois de suite. C’est par exemple le cas de notre cuisine : pour la nettoyer, l’Agent IA suggère de passer en mode nettoyage en profondeur et d’augmenter le débit d’eau. Or, pour la cuisine ou le couloir, un second passage n’aurait pas été superflu. L’application laisse néanmoins la possibilité de modifier chaque paramètre manuellement pour chacune des pièces. Sur un certain nombre de points, on a l’impression qu’on peut améliorer les résultats en prenant la peine d’affiner les réglages mais que sans ces manipulations, le X12 ne va pas au bout des choses, ce qui est parfois un peu frustrant.

Lavage des sols efficace jusqu’aux bordures, mais qui pèche au niveau des contours
On a les mêmes doutes concernant la fonction de pulvérisation FocusJet. Car si elle fonctionne très bien quand on pointe une zone dans l’application, nous n’avons jamais réussi à ce que le robot l’enclenche de lui-même. Il est pourtant supposé repérer les déversements de liquides sur le sol, pour soulever ses brosses (brosse centrale et brossette latérale) et stopper l’aspiration le temps du nettoyage, éventuellement pulvériser. Or, lors de nos essais, que ce soit avec du ketchup frais ou séché ou encore avec de la sauce soja, le X12 a foncé dedans en continuant à aspirer… C’est donc perfectible.

En revanche, en activant nous-même la fonction “nettoyage au jet” qui permet de définir une zone plus ou moins grande (ou au contraire d’indiquer des zones à ne pas vaporiser pour protéger des meubles fragiles par exemple), les résultats sont très bons. Précisons que la station compte deux réservoirs dédiés : un pour le détergent classique, l’autre pour un puissant produit que le robot mélange à l’eau avant de le vaporiser.
Même sans la fonction FocusJet, sur les zones dégagées, le rouleau de lavage (large de 27 cm) procure d’excellents résultats. Le long des plinthes et des bordures droites, le rouleau s’étend et laisse les bords bien nets également. Nous sommes moins satisfaits par le nettoyage des contours, les mouvements coordonnés du robot et du rouleau ne ménageant pas un nettoyage très soigné autour des objets. Le X12 contourne certains obstacles fixes (comme des angles de meubles) en prenant un large virage qui laisse des zones non lavées car le rouleau se rétracte trop tôt, tandis qu’il s’approche parfois dangereusement d’obstacles ponctuels (chaussettes, chaussures…). Si le rouleau présente, il est vrai, l’avantage d’un lavage des sols plus hygiénique dans la mesure où il est constamment arrosé et rincé, il est plus épais que les classiques patins de lavage rotatifs et moins agile à se faufiler partout. Il offre un lavage plus efficace sur les surfaces dégagées mais moins précis autour des objets, sans être capable de passer sous les portes ou meubles très bas. Le X12 a aussi tendance à perdre des gouttes d’eau sur son passage de façon irrégulière. Même s’il s’agit d’eau propre, sur certains sols, cela laisse des traces visibles après le séchage.

Pour finir, on trouve un peu étrange que l’application ne propose pas de mode lavage seul pour le logement entier – cela existe seulement pour le nettoyage par pièce. Un mot de l’application : bien qu’elle ne propose pas autant de fonctions que certaines applications concurrentes, dans l’ensemble, elle est assez complète. Mais on peut regretter qu’elle ne soit pas plus ergonomique. Il y a plusieurs pages d’accueil et des menus et sous-menus un peu partout, ce qui n’est pas très intuitif (en haut à droite, en bas, en bas à droite, en bas à gauche, avec des onglets à déplier à divers endroits…).
Une aspiration performante sur les sols durs mais perfectible sur les tapis
Si les sols sont assez sales, mieux vaut privilégier le mode serpillère après aspiration, les deux étant plus efficaces séparément. En mode aspiration et lavage simultanés, il nous est arrivé que cela étale de la litière pour chat qui se retrouve alors collée sur des sols humides. Le résultat est clairement meilleur si on sépare les deux fonctions. Notons d’ailleurs que le X12 est relativement lent à la tâche (il met une heure pour aspirer et laver en même temps la surface d’un peu moins de 40 m2). Mais même si on sépare aspiration et lavage et qu’on a une grande surface à traiter, cela ne posera pas de problème dans la mesure où ce robot dispose d’une fonction de charge rapide nommée PowerBoost Plus, qui lui permet de récupérer 13% de batterie en seulement 3 minutes, donc d’enchaîner des cycles quasiment en continu. Lorsque la batterie commence à se décharger, il profite des phases de nettoyage de rouleau pour refaire le plein d’énergie.

Sur les sols durs moyennement sales, sa puissance d’aspiration suffit à collecter la poussière, les cheveux, les poils d’animaux… Lorsqu’il détecte des déchets plus épais en quantité, le X12 soulève sa brossette et stoppe sa rotation pour éviter de les projeter (par exemple la litière pour chat, de la boue séchée…). La puissance d’aspiration augmente aussi ponctuellement. À ce niveau, la détection fonctionne plutôt bien et le procédé suffit généralement à rendre les sols globalement propres. S’il y a beaucoup de déchets, toutefois, le carrelage ou le parquet ne sont pas toujours parfaitement immaculés. Quant à la brossette, elle n’est pas extensible et même si elle est longue et conçue pour atteindre les angles, ça n’est pas toujours impeccable dans les coins.

Enfin, le X12 détecte les tapis et moquettes efficacement. Il soulève alors son rouleau d’une quinzaine de centimètres et le déplie un couvercle pour l’isoler afin de protéger le tapis. La puissance d’aspiration augmente automatiquement sur les tapis ou moquettes (la fonction est activable ou non dans l’app). Les performances sont très correctes mais pas parfaites. Malgré le “blast” dont parle Ecovacs (un flux d’air qui peut atteindre jusqu’à 22 000 Pa), si les particules les plus grosses sont aspirées, les plus fines ne sont pas toutes collectées (sable, litière agglomérante…), certaines restant incrustées dans les poils pourtant pas très longs de notre tapis de test.
Ecovacs est parvenu à réduire l’entretien
Il n’y a pas de secret : même avec ce type de station multifonction, il reste nécessaire de nettoyer un peu le robot (notamment ses capteurs ainsi que son filtre) et également la station. Mais Ecovacs a réussi à réduire cela, ce qu’on salue. D’abord, il n’y a plus de bac à eau sale accessible dans le robot, qu’il fallait rincer régulièrement. Ensuite, le système anti-emmêlement de la brosse centrale fait mouche. On n’y retrouve ni cheveux ni poils d’animaux enchevêtrés à l’issue de nos tests. Idem pour la brossette latérale qui ne nécessite pas d’entretien particulier. Quant au rouleau, s’il est nécessaire de le défaire pour vérifier son état de temps en temps, ce qui s’effectue très facilement, son autonettoyage est fort efficace. Il s’effectue possiblement à l’eau chaude – dans l’application, on peut choisir différentes options, dont un ajustement de la température en fonction de la pièce qui vient d’être lavée. Précisons qu’il ne s’agit pas d’un ajustement lié au niveau de saleté réel comme le font certains, mais l’autonettoyage n’en demeure pas moins efficace. À l’issue de nos tests, le rouleau est resté propre. Quant à la station, si la planche de lavage nécessite d’être rincée de temps en temps, c’est à une fréquence réduite.
Attention toutefois aux déversements de liquides qui sont loin d’être identifiés par le X12. Si vous lui faites confiance et qu’il aspire une substance collante comme notre ketchup de test, gare au nettoyage (du robot comme de la station) !
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