Premier consommateur d’électricité de France, la SNCF cherche depuis plusieurs années à réduire sa facture énergétique et à décarboner son activité, notamment via sa filiale SNCF Renouvelables, créée en 2023 pour déployer du photovoltaïque sur son patrimoine foncier. Sur ce terrain, l’entreprise ferroviaire ne manque clairement pas d’espace, puisqu’elle gère plus de 40 000 kilomètres de voies et reste l’un des plus gros propriétaires fonciers du pays. Reste à trouver comment utiliser ces espaces sans perturber les voyages des usagers.
C’est précisément l’objet de la phase d’expérimentation qui vient d’être lancée par le groupe. Dans un communiqué publié il y a quelques jours, l’entreprise indique qu’une station de démonstration est opérationnelle depuis janvier 2025 sur un site technique de la SNCF à Paris, où elle fait l’objet d’un suivi depuis maintenant un an.
Une brique qui se clipse en deux minutes
Sur le papier, le concept a le mérite de la simplicité. La solution développée par les ingénieurs de Bankset repose sur des modules solaires qui se fixent et se retirent en moins de deux minutes, sans intervention lourde sur la voie. Un dispositif pensé pour cohabiter avec les besoins de maintenance ferroviaire, où l’accès aux rails reste une contrainte de sécurité obligatoire.
Côté capacités, Bankset avance l’équivalent d’une centaine de foyers par kilomètre de voie équipée. Un ordre de grandeur qui reste, pour l’instant, à prendre avec les pincettes d’usage puisque c’est justement ce que la phase de test avec la SNCF doit permettre de vérifier sur le terrain.
Le groupe n’a pas prévu de mettre tous ses œufs dans le même panier. La SNCF a également signé, en février 2026, un contrat de collaboration avec la start-up suisse Sun-Ways, dont le projet pilote est mené à Buttes, dans le canton de Neuchâtel. Ce chantier-là, qui doit s’étaler jusqu’en avril 2028, alors que la SNCF planche aussi, en parallèle, sur SOLVEIG, un prototype de photovoltaïque réversible développé en interne. Sur le papier, c’est malin : miser sur plusieurs technologies en parallèle permet à la SNCF de comparer les approches avant de trancher, plutôt que de s’engager sur un seul cheval.
Reste que la promesse, si elle se confirme à grande échelle, aurait de quoi faire rêver : recouvrir même une fraction des 40 000 kilomètres de réseau français de panneaux solaires amovibles représenterait un gisement d’énergie renouvelable considérable, sans empiéter sur de nouvelles terres agricoles ou naturelles. De quoi expliquer l’appétit de la SNCF pour ce type d’expérimentations, même si l’idée de trains alimentés par une énergie solaire captée sous leurs propres roues reste, à ce stade, davantage une perspective à long terme qu’une réalité imminente. L’entreprise doit désormais confirmer, dans la durée et à plus grande échelle, que ses panneaux résisteront aussi bien aux intempéries qu’au passage répété des trains.
🟣 Pour ne manquer aucune news sur le Journal du Geek, suivez-nous sur Google et sur notre canal WhatsApp. Et si vous nous adorez, on a une newsletter tous les matins.