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Fin des disques PlayStation : Sony fait déjà face à une première attaque juridique

Une première plainte officielle a été déposée contre Sony pour l’arrêt de ses jeux physiques PlayStation. Qu’est-ce qui pourrait changer ?

L’annonce de PlayStation continue de provoquer des remous, et ça ne va certainement pas s’arrêter là. Il y a plusieurs jours, Sony a confirmé qu’il arrêterait progressivement la production de disques pour ses jeux first-party à partir de 2028. Cette décision marque évidemment un tournant historique pour l’industrie du jeu vidéo, et suscite aussi de nombreuses inquiétudes chez les joueurs. Cette fois, la contestation ne se limite plus aux réseaux sociaux, puisqu’une première action en justice est en préparation.

Selon le média mexicain Levelup, une plainte pour pratiques anticoncurrentielles devrait prochainement être déposée au Mexique afin de demander l’ouverture d’une enquête contre Sony. Le principal argument avancé est que sans jeux physiques, les possesseurs d’une PlayStation n’auraient plus qu’un seul endroit où acheter leurs jeux, le PlayStation Store.

Les joueurs n’auraient plus vraiment le choix

Aujourd’hui encore, un même jeu peut être acheté chez Amazon, Fnac, Micromania, Carrefour ou auprès de nombreux revendeurs indépendants, chacun pratiquant ses propres promotions. Cette concurrence permet régulièrement de trouver un jeu neuf 10 à 20 euros moins cher que son prix officiel dès le jour de sa sortie.

Dans un modèle 100 % numérique, cette concurrence disparaît presque entièrement. Autrement dit, Sony deviendrait à la fois constructeur, distributeur et vendeur exclusif de son propre catalogue.

De fait, l’autre grande inquiétude concerne évidemment le marché de l’occasion. Aujourd’hui, un joueur peut acheter un jeu, le terminer, puis le revendre afin de financer son prochain achat. Cette pratique représente une économie importante pour de nombreux foyers et fait vivre tout un réseau de boutiques spécialisées. Sans support physique, cette possibilité disparaît pratiquement.

Le sénateur mexicain Luis Donaldo Colosio, lui aussi impliqué dans cette démarche, rappelle également un autre problème souvent oublié. L’accès à Internet n’est pas identique partout et dans certaines régions, télécharger plusieurs dizaines de gigaoctets reste encore très compliqué, ce qui rend les vraies versions physiques indispensables.

L’Europe pourrait emprunter une autre voie

Pour autant, une victoire contre Sony est loin d’être acquise. En Europe, le commissaire chargé de la protection des consommateurs, Michael McGrath, a déjà indiqué que l’Union européenne n’avait pas vocation à intervenir directement pour préserver les disques.

En revanche, la piste d’une ouverture des boutiques numériques semble prendre de plus en plus de poids. Le Digital Markets Act a déjà obligé Apple à ouvrir iOS à des stores alternatifs. Plusieurs spécialistes estiment que les consoles pourraient, à terme, suivre la même direction si les autorités considèrent que les écosystèmes fermés limitent excessivement la concurrence. Même si les disques disparaissent, Sony pourrait un jour être contraint d’autoriser d’autres boutiques numériques sur PlayStation.

Cette plainte mexicaine est probablement la première d’une longue série. Depuis l’annonce de Sony, les associations de consommateurs, les défenseurs de la préservation du jeu vidéo et de nombreux responsables politiques multiplient les prises de parole.

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