Le 12 août prochain, la Lune viendra se caler devant le Soleil au-dessus de l’Europe, nous laissant profiter de la première éclipse solaire de cette envergure depuis 1999. Même si elle ne sera pas totale en France, les taux d’obscurcissement seront tout de même de l’ordre de 55 à 80 % en fin de soirée : impossible de l’admirer sans le matériel adéquat.
Les commerçants, flairant le bon filon, se sont réveillés depuis plusieurs semaines et il est fort probable que vous ayez déjà croisé, en physique ou sur le net, des paires de lunettes « premium » à 15 ou 20 euros. Vendues dans de jolis emballages, certaines marques les mettent en avant pour leur design ou leur conception avec des matériaux prétendument supérieurs. S’il vous plaît, ne tombez pas dans le panneau : c’est du vent. Une paire certifiée coûte beaucoup moins cher, et vous n’avez pas besoin de savoir autre chose que la norme à laquelle elle répond.
Pourquoi une éclipse est-elle dangereuse pour les yeux ?
S’il est impératif de porter une paire de lunettes de protection durant une éclipse comme celle qui se profile, c’est parce que votre œil est privé du seul réflexe qui le protège habituellement. En temps normal, fixer le Soleil est physiquement impossible : la douleur et l’éblouissement vous forcent à détourner le regard en une fraction de seconde, et votre pupille se contracte pour se protéger.
Lorsque la Lune le masque, la luminosité est trop faible et votre pupille reste ouverte en grand comme à la tombée du jour. Votre œil se comporte comme s’il faisait nuit, alors qu’il pointe une portion de photosphère aussi brillante que le Soleil de midi. De plus, comme votre rétine ne possède aucun récepteur de la douleur, vous ne sentirez rien : le rayonnement entre librement dans vos yeux et brûle vos photorécepteurs en quelques secondes.
Dans certains cas, cela peut provoquer une rétinopathie solaire, autrement dit une brûlure du centre de la rétine. Le symptôme le plus caractéristique est une tache noire plantée au milieu du champ visuel, qui suit votre regard partout où vous le portez. Les signes mettent parfois une journée entière à se manifester, et il n’existe aucun traitement pour la soigner. Pire, certaines atteintes ne régressent jamais et la tache subsiste à vie ; seule la vision périphérique n’est pas touchée.
Les seules lunettes de protection qui vaillent
Qu’elles soient en carton, en plastique, bleues, noires, ou en finition carbone, ce n’est pas pour leur look que vous devrez choisir vos lunettes, mais pour leur certification. La mention ISO 12312-2, parfois suivie de « :2015 », doit être imprimée sur la monture ou l’emballage, accompagnée du marquage CE et du nom d’un fabricant ou importateur identifiable. Une paire conforme ne laisse passer qu’un cent-millième de la lumière incidente ; même une paire de lunettes de soleil à 500 euros ne remplit pas ce critère.
Inutile de se ruiner, une telle paire ne coûte que 2 à 6 euros grand maximum. Préférez les acheter chez des vendeurs identifiables (pharmacies, opticiens, boutiques d’astronomie, enseignes culturelles) et non sur de sombres sites d’e-commerce.
Si vous avez envie de traîner dehors le soir du 12 août pour contempler l’éclipse, ne traînez pas trop : la demande tend à exploser dans les derniers jours qui précèdent l’événement, et il se peut que les magasins soient en rupture de stock. C’est à ce moment-là que des revendeurs peu scrupuleux essaient d’écouler des stocks de lunettes faussement certifiées, profitant de l’urgence pour s’en mettre plein les poches. Au dernier moment, dénicher une paire certifiée relèvera du coup de chance, alors faites un petit tour dans votre quartier ou sur des sites spécialisés (Maison de l’Astronomie, Optique Unterlinden, par exemple) dans les jours qui suivent pour être tranquille.
🟣 Pour ne manquer aucune news sur le Journal du Geek, suivez-nous sur Google et sur notre canal WhatsApp. Et si vous nous adorez, on a une newsletter tous les matins.