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Disney, Paramount et Universal viennent peut-être de sauver le cinéma (après l’avoir enterré)

Disney, Universal, Paramount, soit les trois plus gros studios de cinéma (avec le rachat acté de Warner Bros.) viennent de s’engager d’un commun accord à revoir leur politique en matière de sorties salles.

Là où les exploitants français restent relativement protégés par la chronologie des médias malgré des tentatives de rediscussion régulières, aux États-Unis, les salles sont à la merci des gros studios. C’est encore plus vrai depuis la pandémie qui a profondément modifier nos usages en matière de divertissement.

Quelques années en arrière, pour compenser une fréquentation des salles à la baisse, les studios ont expérimenté plusieurs fenêtres de sortie, notamment envoyer leurs films à la fois sur grand écran et en streaming. Ça tombe bien, chaque studio a sa plateforme de SVoD et cette fois, pas besoin de partager avec l’exploitant. Puis il y a eu des fenêtres de sortie exclusives accordées, comme autant de “cadeaux” faits par les majors hollywoodiens aux exploitants qui, eux, devaient lutter pour tenter de ramener du monde.

À titre de comparaison, le délai minimum avant qu’un film passe du cinéma au streaming avant le COVID-19 était de 90 jours. Depuis, chacun fait à la tête du client, mais la moyenne a été considérablement réduite à 30 jours. C’est ainsi que Supergirl est déjà disponible en streaming de l’autre côté de l’Atlantique. Et chaque année, le syndicat des exploitants réclame qu’une norme soit fixée par les studios pour que le délai minimum soit fixé à 45 jours.

Un pour tous, tous pour le cinéma !

Un souhait resté lettre morte jusqu’à tout récemment. En effet, Disney, Paramount et Universal, responsables à eux trois de la majorité du box-office (et attendez que Paramount ait Warner Bros), viennent de s’accorder, selon Variety, pour une fenêtre d’exclusivité salles de 45 jours !

Une première victoire pour les exploitants qui peuvent remercier un box-office 2026 très favorable, obligeant les majors à reconnaître que la sortie plus longue d’un film en salles permet à celui-ci de gagner en valeur auprès du public (qui y voit le signe d’un bon bouche-à-oreille) et d’améliorer les chiffres de visionnage une fois que ce dernier arrive en streaming.

Là où la SVoD était vue comme un moyen de sauver un long-métrage ayant bidé au cinéma (certains ont eu une meilleure vie ainsi), les studios ont statué sur le fait que les deux modes de consommation pouvaient s’entre-aider. Bref, les studios ont réalisé ce que les exploitants leur disent depuis des années.

Josh Greenstein, coprésident de Paramount Pictures, a défendu cet effort collectif comme une volonté de dissiper la confusion que provoquait ce flou autour de la date de disponibilité d’un film en salle sur une plateforme de streaming et que pour voir un film lors de sa sortie, il fallait maintenant se rendre exclusivement au cinéma pendant 45 jours.

Universal avait déjà opéré ce changement en début d’année, tout comme Disney encore un peu avant. Le fait que ces trois studios optent maintenant pour cette stratégie est un signal positif fort envoyé à l’industrie de l’exploitation cinématographique et devrait rassurer les professionnels du milieu, ainsi que les artistes engagés. On espère, pour les salles américaines, que d’autres majors suivront cette initiative.

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