Micromania change une nouvelle fois de propriétaire. L’enseigne française, emblématique pour toute une génération de joueurs, vient d’annoncer son rachat par un groupe franco-québécois composé de Stephan Tétrault, Jean-François Chenail ainsi que Sandra et Stephen Callahan. L’ambition est de redonner à Micromania sa place de référence du jeu vidéo et de la pop culture en France.
Sur le papier, la nouvelle peut être rassurante. Mais dans les faits, elle arrive à un moment où l’enseigne traverse sans doute la période la plus délicate de son histoire, et ce n’est pas près de s’arranger.
Une enseigne qui souffre depuis des années
Officiellement, Micromania continue d’afficher sa confiance dans toutes ses communications, même suite aux annonces de fermetures de magasins. Officieusement, la situation est un peu plus compliquée.
Depuis plusieurs années, l’enseigne subit de plein fouet le changement du marché vidéoludique. Les ventes dématérialisées progressent constamment, les plateformes comme Steam, le PlayStation Store ou le Microsoft Store captent une part toujours plus importante des achats, tandis qu’Amazon et les grandes surfaces se livrent une guerre des prix difficile à suivre pour un spécialiste.
À cela s’ajoutent la baisse du marché de l’occasion et les interrogations récurrentes autour de l’avenir du réseau. En somme, ce rachat n’intervient pas pour accélérer une croissance déjà existante mais pour tenter d’inverser une tendance négative installée depuis plusieurs années.
Un nouveau propriétaire, pour une nouvelle vie ?
Cette fois, les repreneurs veulent capitaliser sur tout ce qui dépasse le simple jeu vidéo. Le consortium explique dans son communiqué vouloir renforcer les produits dérivés, les cartes à collectionner (TCG), les figurines, les événements en magasin ou encore les espaces communautaires. Un premier magasin flagship ouvrira d’ailleurs dès le mois d’octobre près de Paris.
Les nouveaux propriétaires mettent également en avant leur expérience canadienne avec EB Games, dont ils affirment avoir redressé la rentabilité grâce à cette stratégie qui mêle gaming, produits dérivés et animation commerciale. Selon les chiffres communiqués, les ventes de produits dérivés et de cartes à collectionner auraient progressé de près de 75 %, tandis que 97 % des magasins seraient redevenus bénéficiaires en 2025.
Le problème, c’est que Micromania en est loin à son premier changement de mains. Créée en 1983, l’entreprise a été rachetée par GameStop en 2008, avant de subir les difficultés du géant américain pendant plus de quinze ans. Ces différents changements d’actionnaires n’ont jamais réellement permis de relancer durablement l’enseigne française. Un nouveau propriétaire ne constitue donc pas une solution miracle. Ce sont surtout les choix stratégiques qui feront la différence.
Le timing est presque ironique
Ce qui interpelle surtout, c’est le calendrier. Il y a seulement quelques semaines, PlayStation confirmait son intention d’abandonner progressivement les jeux physiques first-party à partir de 2028. Une décision qui pourrait accélérer la disparition du disque sur console et fragiliser encore davantage les enseignes spécialisées, comme Micromania.
Et voilà que, presque au même moment, Micromania annonce son “nouveau départ”. Les nouveaux dirigeants semblent en avoir parfaitement conscience. Leur feuille de route ne repose d’ailleurs plus uniquement sur la vente de jeux vidéo. Ils souhaitent développer les cartes à collectionner, les produits dérivés, les collectibles, et une véritable activité autour de la pop culture.
C’est probablement la seule voie crédible en l’état. Si le modèle économique de Micromania continue de dépendre principalement des ventes de jeux physiques, la tâche s’annonce extrêmement compliquée. Le marché évolue trop vite pour espérer revenir simplement à ce qui fonctionnait il y a dix ans.
🟣 Pour ne manquer aucune news sur le Journal du Geek, suivez-nous sur Google et sur notre canal WhatsApp. Et si vous nous adorez, on a une newsletter tous les matins.