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Quand Sega a sauvé Nvidia de la faillite

En visite à Tokyo, Jensen Huang, le patron de Nvidia, a tenu à remercier publiquement Sega pour une décision prise il y a près de trente ans. Le groupe japonais avait continué à financer Nvidia malgré l’échec d’un projet de puce destiné à une console. Une somme qui a permis à l’actuel géant de l’IA de poursuivre ses activités.

Jensen Huang n’a pas oublié le coup de pouce accordé par Sega dans les années 1990. Lors d’un déplacement à Tokyo, le patron et cofondateur de Nvidia est revenu sur cet épisode décisif de l’histoire de son entreprise, en adressant ses remerciements au groupe japonais.

Un chèque pour un contrat raté

À l’époque, Nvidia était encore une jeune société spécialisée dans les puces graphiques, loin de peser plus de 4.000 milliards de dollars en Bourse et de fournir les processeurs indispensables au développement des principaux modèles d’IA. L’entreprise travaillait avec Sega sur une puce destinée à une nouvelle console, mais le projet n’a pas donné les résultats attendus.

Nvidia n’était pas en mesure de livrer la technologie promise. Sega a finalement choisi une autre solution graphique pour la Dreamcast, commercialisée au Japon en 1998 : une puce PowerVR conçue par VideoLogic et fabriquée par NEC. Pour Nvidia, cet abandon aurait pu être fatal.

Selon le récit de Jensen Huang, Nvidia avait besoin de l’argent prévu dans son contrat avec Sega pour survivre. Le dirigeant avait alors expliqué la situation à Shoichiro Irimajiri, l’un des responsables du constructeur japonais, en reconnaissant que son entreprise ne pourrait pas fournir la puce attendue. Sega aurait néanmoins accepté de verser les 5 millions de dollars restant dans le cadre de l’accord, en transformant la somme en investissement dans Nvidia. Pour Huang, cette décision a directement empêché la faillite de la société.

« Sega nous a sauvés », a-t-il résumé à propos de cet épisode. Le financement a permis à Nvidia de continuer à développer ses produits, dont la Riva 128, lancée en 1997. Cette puce a rencontré un succès suffisant pour stabiliser l’entreprise, avant l’arrivée de la première GeForce en 1999.

La suite est connue. Nvidia s’est progressivement imposé dans les cartes graphiques pour ordinateurs, puis dans les centres de données. Ses GPU sont aujourd’hui utilisés pour entraîner et faire fonctionner une grande partie des services d’intelligence artificielle générative. Le paiement accordé par Sega apparaît donc, rétrospectivement, comme l’une des décisions les plus importantes de l’histoire de Nvidia.

Jensen Huang a profité de son passage au Japon pour rappeler cette dette, plusieurs décennies après l’échec du projet. Une reconnaissance publique d’autant plus notable que Sega ne fabrique plus de consoles depuis l’arrêt de la Dreamcast en 2001 et se concentre désormais sur les jeux.

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Source : Nvidia

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