Marty McFly qui pousse la DeLorean à 88 miles par heure avant de disparaître dans un éclair, les portes qui s’ouvrent par le haut et le compteur analogique qui brille… La DeLorean de Retour vers le futur est au moins aussi célèbre que les protagonistes du film. Ce que l’on sait moins, c’est que sous le capot de cette carrosserie en inox battait un moteur bien réel, conçu et assemblé dans le nord de la France.
L’usine Stellantis de Douvrin, dans le Pas-de-Calais, a donné vie pendant plus de 40 ans aux voitures du futur. Elle fermera définitivement ses portes le 30 octobre prochain. La direction du groupe l’a confirmé le 16 juillet aux représentants du personnel, mettant un terme à plus d’un demi-siècle d’histoire industrielle pour ce site créé en 1969 sous le nom de Française de Mécanique, à l’époque une coentreprise entre Peugeot et Renault.
Un passé glorieux
Difficile de faire plus improbable comme trajectoire industrielle. Douvrin a longtemps abrité la production du V6 PRV, un moteur né de la collaboration entre Peugeot, Renault et Volvo dans les années 1970. Ce bloc a motorisé une flopée de berlines haut de gamme françaises, la Renault 25 ou la Peugeot 504 Coupé notamment, mais c’est un tout autre véhicule qui lui a offert une postérité mondiale : la DeLorean DMC-12, la voiture à portières papillon rendue immortelle par la trilogie Retour vers le futur. Sur l’ensemble de son histoire, l’usine aura produit plus de 40 millions de moteurs. Mais ce glorieux passé ne suffit plus à justifier son maintien à l’heure de l’électrification généralisée.
Un futur incertain
Dans les faits, le site tourne déjà au ralenti. Environ 200 moteurs, ainsi que quelques pièces détachées continuent d’y sortir chaque jour. Mais ce rythme va décroître progressivement jusqu’à l’arrêt total fixé au 30 octobre. L’usine emploie encore 150 salariés en CDI et une cinquantaine d’intérimaires, contre plusieurs milliers à son apogée.
Stellantis assure avoir organisé un accompagnement individualisé vers d’autres sites du groupe dans la région, notamment Hordain et Valenciennes, ainsi que vers la Gigafactory ACC installée juste à côté, qui produit désormais des batteries pour véhicules électriques. Il reste aujourd’hui moins de 50 salariés en CDI à reclasser, selon la direction. Un bilan que la CGT juge nettement moins reluisant, le syndicat parlant d’un « massacre de l’emploi » et contestant l’idée d’une simple transition énergétique.
Avec cette fermeture, c’est l’usine de Trémery, en Moselle, qui devient le dernier site Stellantis à assembler des moteurs thermiques sur le sol français. Un symbole de plus dans la lente disparition d’une industrie qui, pendant des décennies, a alimenté le monde entier en moteurs vrombissants et en souvenirs cinématographiques immortels.
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