Avec ses longs cheveux bruns, sa peau en silicone et son visage mobile, Sally devait apporter un peu de nouveauté dans les classes du lycée de Salamanca. Pour le moment, le robot humanoïde restera plutôt sagement dans son carton.
Une prof qui ne marche pas
Le district scolaire, situé dans une zone rurale de l’État de New York, a suspendu le déploiement de cette machine fabriquée par Realbotix. Le projet avait été validé en juin, avant de provoquer une belle controverse chez les parents, les enseignants et les autorités éducatives. La commissaire à l’Éducation de l’État, Betty Rosa, s’inquiète notamment de « l’effet qu’un robot humanoïde pourrait avoir dans une salle de classe ». Elle réclame aussi davantage de garanties sur la protection des données des élèves.
Le district a payé 57.590 $ pour Sally et plusieurs outils associés (une affaire : le prix catalogue est de 95.000 $). Le robot devait participer aux cours de robotique, d’IA et de technologie, dans le cadre d’un programme de WozEd, une entreprise liée au cofondateur d’Apple Steve Wozniak.
Sally ne risque pas de courir dans les couloirs : ses jambes ne fonctionnent pas. Elle peut en revanche bouger les bras, les mains, le haut du corps et le visage. Elle devait notamment aider les élèves confrontés à des problèmes techniques, par exemple avec une carte Arduino. Le contrat comprend également un assistant IA accessible sur ordinateur, capable de proposer de l’aide aux devoirs, des commentaires et des traductions dans plus de 100 langues.
Le district assure que Sally ne dispose pas de reconnaissance faciale, n’enregistre ni le son ni la vidéo et n’a pas accès à internet. Les données seraient conservées localement. Malgré tout, l’État veut des accords de confidentialité renforcés et cherche à savoir si le robot est un simple outil ou une véritable « plateforme de tutorat ».
La polémique s’est surtout emballée à cause du fabricant. Realbotix conçoit des robots pour l’éducation et la santé, mais sa société sœur Intima possède une participation dans RealDoll, connue pour ses poupées sexuelles hyperréalistes et ses robots compagnons. Realbotix affirme que les deux activités ne partagent pas d’employés, de locaux ou de technologies. Sally aurait été conçue spécialement pour l’école et ne serait donc pas une poupée sexuelle recyclée. L’honneur est sauf…
Le district défend de son côté un outil destiné à familiariser les élèves avec des technologies rarement accessibles dans cette région isolée. Il promet également que Sally ne remplacera aucun enseignant. La machine reste donc en attente pendant que l’école discute avec l’État, les familles et le personnel.
🟣 Pour ne manquer aucune news sur le Journal du Geek, suivez-nous sur Google et sur notre canal WhatsApp. Et si vous nous adorez, on a une newsletter tous les matins.