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ChatGPT dévoile une version pour ados, voici ce qui change pour les mineurs

OpenAI lance ChatGPT pour les adolescents, une version pensée pour les 13-17 ans avec mode Étude, contrôles parentaux renforcés et restrictions sur les contenus sensibles.

L’annonce arrive après plusieurs plaintes pour suicide et une enquête de la FTC visant les grandes entreprises d’IA. Pourtant, OpenAI l’assure : ChatGPT pour les adolescents doit aider les jeunes à développer leur esprit critique et à utiliser l’intelligence artificielle « en toute confiance ». Sur le papier, l’intention est belle. Dans les faits, cette version dédiée aux 13-17 ans arrive après plusieurs années d’usage massif et largement incontrôlé du chatbot, et une série d’affaires qui a sérieusement écorné l’image de l’entreprise auprès des familles.

Concrètement, l’expérience proposée par défaut aux comptes identifiés comme mineurs repose sur un mode Étude, censé guider l’élève pas à pas plutôt que de lui livrer la réponse toute cuite, complété par des rappels destinés à repérer les tentatives de triche sur les devoirs. Des quiz et des visualisations pédagogiques viennent compléter le dispositif, tout comme de nouvelles « heures d’étude » que parents ou adolescents peuvent programmer pour activer le mode à heures fixes.

Des garde-fous qui arrivent après les procès

Sur le volet sécurité, OpenAI promet de limiter l’exposition des adolescents à l’automutilation, aux contenus violents, aux troubles alimentaires et aux échanges à caractère sexuel. L’entreprise dit aussi avoir renforcé les protections empêchant ChatGPT de laisser penser qu’il éprouve des sentiments ou une conscience, dans le but de réduire la dépendance émotionnelle des jeunes utilisateurs envers l’outil (c’est le fameux effet Tamagotchi).

Ces annonces ne sortent pas de nulle part. Depuis l’été 2025, OpenAI fait face à plusieurs plaintes de familles américaines en lien avec des suicides qui seraient liés à l’IA conversationnelle. Une enquête de la Federal Trade Commission vise par ailleurs sept entreprises, OpenAI, Meta et Google en tête, pour évaluer comment ces sociétés mesurent les risques que leurs chatbots font peser sur les plus jeunes. Et selon une étude de Common Sense Media publiée en 2025, plus de 70 % des adolescents américains se tournent vers un chatbot IA pour de la compagnie, la moitié en faisant un usage régulier. Autant dire que le sujet ne concerne pas une poignée de cas isolés.

OpenAI avait déjà tenté de réagir en septembre 2025, avec l’introduction de premiers contrôles parentaux permettant de réduire les contenus sensibles ou de couper certaines fonctions comme la génération d’images. Cette nouvelle mouture va plus loin en proposant une expérience différenciée par défaut, et non plus seulement des réglages à activer manuellement. Un changement de philosophie qui confesse, en creux, que les précédents garde-fous n’étaient pas suffisants.

Une confidentialité maintenue

Sur le fond, OpenAI cherche à ménager la chèvre et le chou : préserver la confidentialité des échanges entre l’adolescent et ChatGPT, tout en donnant aux parents un droit de regard en cas d’alerte de sécurité jugée grave. Les conversations restent donc en théorie privées, sauf lorsque le système détecte un risque sérieux. Reste à voir ce que le chatbot considère comme tel.

En matière de détection d’âge, OpenAI annonce s’appuyer sur un mécanisme de détection d’âge basé sur des signaux comportementaux, l’ancienneté du compte ou les habitudes d’utilisation. Un dispositif qui reste, faillible et contournable pour qui cherche vraiment à passer entre les mailles du filet.

OpenAI a le mérite de formaliser une approche jusque-là bricolée au fil des scandales, mais l’entreprise a aussi construit sa réputation sur des promesses de sécurité annoncées en grande pompe, puis rattrapées par la réalité, à l’image du bug ayant permis à des comptes mineurs d’accéder à des échanges sexuellement explicites découvert au printemps 2025.

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