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De plus en plus de gens tombent amoureux d’une IA (et c’est un problème)

Un Américain sur 5 a déjà entretenu une relation amoureuse avec une intelligence artificielle.

L’IA ne bouleverse pas que notre rapport au travail. Avec l’avènement des assistants, compagnons et autres partenaires virtuels, l’intelligence artificielle vient aussi bouleverser les frontières de nos relations amoureuses. C’est en tout cas ce que rapporte une étude récente du MIT, relayée dans la presse américaine : près d’un Américain sur cinq a déjà vécu une aventure sentimentale avec une IA. Derrière ce phénomène inédit, des enjeux psychologiques, sociaux et éthiques se dessinent.

Les nouveaux codes amoureux

Dans un monde de plus en plus connecté, l’amour virtuel ne relève plus du fantasme des romans d’anticipation : c’est une réalité sociale tangible. L’effet Tamagotchi, qui consiste à humaniser une IA parce qu’elle nous renvoie un simulacre de vie, est mesuré depuis déjà des années par les sociologues. Pas étonnant donc, que selon l’étude, 19% des personnes interrogées aient déjà expérimenté une relation avec une intelligence artificielle — incluant pêle-mêle les chatbots, les assistants numériques et les plateformes dédiées, comme Replika.

Des effets psychologiques bien réels

Disponibles à toute heure du jour et de la nuit, toujours bienveillants, jamais toxiques, mal lunés ou fatigués… Pour beaucoup, ces compagnons virtuels apportent une réassurance, un sentiment de soutien et d’écoute permanent. Sur les forums dédiés, certains témoignages évoquent des sentiments amoureux nés par accident, au fil des échanges. Mais cette réinvention de l’amour soulève aussi des questions de santé mentale. Près de 10% des utilisateurs sondés reconnaissent une dépendance émotionnelle, 4,6% évoquent une perte des repères avec la réalité, tandis que 4,2% se servent de l’IA pour fuir tout contact humain, selon l’étude du MIT.

À mesure que les IA progressent et s’anthropomorphisent, la frontière entre amour simulé et attachement réel s’estompe, surtout côté humain. L’étude du MIT prévient que les effets psychologiques des interactions avec ces intelligences sont largement sous-estimés, car une simple panne du système peut provoquer un choc émotionnel semblable à un deuil. C’était le cas il y quelques années des utilisateurs de Replika, privés d’interactions amoureuses et sexuelles après une mise à jour qui rendait ce type d’échanges payants. L’histoire ressemble à un épisode de Black Mirror, mais la détresse des internautes à ce moment-là n’avait rien d’artificiel. Car si les robots peuvent devenir des partenaires idéaux, leur affection et leur mémoire ne tiennent qu’à quelques lignes de code.

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Source : MIT

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