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L’Europe cherche sept « gigafactories » pour muscler son intelligence artificielle

L’Union européenne lance officiellement la construction de sept gigafactories consacrés à l’IA. Bruxelles promet jusqu’à 10 milliards d’euros d’argent public et espère attirer deux fois plus de fonds privés. Reste à trouver les bons emplacements, les puces… et suffisamment d’électricité.

L’Europe veut davantage d’IA, mais encore faut-il disposer des machines pour la faire fonctionner. La Commission européenne a donc lancé un appel d’offres pour sélectionner jusqu’à sept consortiums chargés de construire des « gigafactories » d’IA sur le continent.

Jusqu’à 100 000 puces sous le même toit

Ces vastes centres de calcul serviront à entraîner, ajuster et exploiter des modèles IA avancés. Ils devront être accessibles aux jeunes pousses, aux PME, aux grands groupes, aux chercheurs et aux administrations. L’objectif est aussi de réduire la dépendance européenne envers les infrastructures contrôlées par les géants américains du cloud. Les candidats ont jusqu’au 12 novembre pour déposer leur dossier. Les lauréats devraient être désignés début 2027. Ils auront ensuite 18 mois au maximum pour mettre leur installation en service.

L’appel d’offres prévoit deux catégories. Jusqu’à quatre projets pourront recevoir 500 millions d’euros de l’Union européenne, auxquels pourront s’ajouter autant de fonds nationaux. Ils devront réunir à terme entre 25.000 et 75.000 processeurs spécialisés dans l’IA. Trois projets encore plus imposants pourront bénéficier de 1 milliard d’euros de financement européen chacun, là aussi complété par les États membres. Ces installations pourraient accueillir entre 40.000 et 100.000 puces.

Au total, l’Europe et les gouvernements nationaux comptent injecter jusqu’à 10 milliards d’euros. Bruxelles espère obtenir au moins 20 milliards supplémentaires auprès d’investisseurs privés, pour une enveloppe globale pouvant atteindre 30 milliards. L’argent public ne devra pas représenter plus de 35 % du coût des projets. L’Allemagne, la Grèce, l’Italie, le Portugal et l’Espagne soutiennent des candidatures pour les plus grands centres. La France, la Tchéquie, le Danemark, la Finlande et la Pologne visent notamment la catégorie inférieure.

Cette opération destinée à renforcer l’autonomie technologique européenne repose encore largement sur du matériel conçu aux États-Unis. Nvidia est incontournable sur le marché, tandis qu’AMD et Qualcomm espèrent fournir une partie des équipements. La Commission a d’ailleurs signé des lettres d’intention avec ces trois entreprises pour garantir l’accès aux composants.

Bruxelles veut aussi réserver une partie des commandes à des sociétés européennes, même si celles-ci ne disposent pas encore d’une offre comparable à celle des fabricants américains. Il faudra enfin répondre aux inquiétudes liées à la consommation d’électricité et d’eau de ces installations. Les candidats devront expliquer comment ils comptent limiter leur impact et améliorer leur efficacité énergétique. Il faudra aussi convaincre une partie du public européen des bienfaits de ces gigafactories…

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