La première génération d’élèves de Poudlard n’est pas prête à tourner la page. Alors qu’un reboot de la saga Harry Potter se profile, un acteur emblématique reprend du service. Pas pour accompagner la nouvelle génération sur HBO Max mais bien pour se produire sur les planches. Rupert Grint revient dans la peau de Ron Weasley. Il sera à l’affiche d’Harry Potter et l’enfant maudit à Broadway dès le mois de février 2027.
Il n’est pas le premier à faire une telle bascule entre le petit et le grand écran, Tom Felton avait déjà retrouvé Drago Malefoy en 2025. D’ailleurs, l’interprète de l’ennemi de Potter est toujours à l’affiche de la pièce. Il vient d’être reconduit pour deux mois. Il devait initialement quitter la distribution en novembre de cette année, mais restera finalement jusqu’au 3 janvier 2027.
Une occasion manquée
Si les fans caressent l’espoir de retrouver une partie de la clique originelle, Rupert Grint et Tom Felton vont seulement se passer le relai. Ils vont se manquer de quelques jours, l’un terminant début janvier, tandis que l’autre arrive seulement le 2 février. Pour l’heure, son passage dans Harry Potter et l’enfant maudit promet d’être plus court que celui de Felton, il est engagé pour 17 semaines. Une participation qui doit courir jusqu’au 30 mai 2027, même s’il reste la possibilité d’une reconduction.
Une belle opération pour les producteurs
L’arrivée de Tom Felton en 2025 a largement bénéficié à la pièce lancée en 2018 à Broadway. Harry Potter et l’enfant maudit a connu un véritable regain d’intérêt lorsque Drago Malefoy a retrouvé son premier interprète. La fréquentation du Lyric Theatre a bondi, depuis son arrivée en novembre, la pièce est constamment en tête des recettes sur Broadway. L’arrivée de Rupert Grint devrait permettre aux producteurs de poursuivre sur la même lancée.
Rupert Grint, dans un communiqué, explique sa décision de retrouver le personnage qui a lancé sa carrière.
“Ron Weasley fait partie de ma vie depuis l’âge de 11 ans et je suis impatient de le retrouver à ce stade de mon existence. Reprendre le rôle de Ron, maintenant que nous sommes tous deux pères, est un moment à la fois très familier et totalement nouveau. Quel bonheur de revenir à Broadway, cette fois-ci dans un rôle qui a tant marqué ma vie ! La première fois que j’ai vu L’Enfant Maudit sur scène, j’ai été subjugué et je suis impatient de fouler à nouveau le quai 9 ¾ et de reprendre là où je m’étais arrêté. Je suis ravi de rejoindre cette troupe exceptionnelle au Lyric Theatre cet hiver”.
Pour rappel, Harry Potter et l’enfant maudit n’est pas une suite légitime à la saga de J.K Rowling, bien qu’elle ait été validée par l’autrice. Elle se déroule au moment de l’épilogue, 19 ans après la chute de Voldemort et alors que les enfants d’Harry, Ron et Hermione s’apprêtent à faire leur première rentrée à Poudlard. Écrite par Jack Thorne (Enola Holmes), elle suit Albus Potter alors qu’il tente d’empêcher la mort de Cédric Digory en voyant dans le passé grâce à un retourneur de temps.
Un retour qui interroge
La réapparition de Rupert Grint dans une production dérivée de la saga Harry Potter pourrait en surprendre plus d’un. L’acteur comptait parmi les personnalités s’étant élevées contre les déclarations transphobes de l’autrice en 2021. Il avait condamné ses propos à travers un communiqué : “Je soutiens fermement la communauté transgenre.Les femmes transgenres sont des femmes. Les hommes transgenres sont des hommes. Nous devrions tous avoir le droit de vivre dans l’amour et sans jugement”.
Le retour de Tom Felton avait déjà suscité la controverse, celui de Rupert Grint ne devrait pas faire exception. Pour certains fans, ces apparitions dans des productions directement liées à J.K Rowling sont un soutien indirect à sa campagne transphobe. En juin 2025, l’écrivaine annonçait la création de Women’s Fund, alimenté par sa fortune et destiné à “offrir un soutien financier juridique à des personnes et des organisations qui luttent pour maintenir les droits des femmes fondés sur le sexe biologique de le milieu du travail, la vie publique et les espaces féminins protégés”.
Elle a, par le passé, versé de l’argent à des associations Terf (des féministes anti-trans) qui sont parvenues à faire reculer le droit des femmes trans en Grande-Bretagne. La pièce de théâtre, comme les nombreux parcs et adaptations, compte parmi les leviers financiers lui ayant permis de rentrer (à nouveau) dans le cercle très fermé des milliardaires. Certains fans s’organisent d’ailleurs pour ne pas financer directement ces opérations, en achetant des livres et produits d’occasion, en boycottant les sorties ou en utilisant des moyens illégaux pour voir ou revoir la saga.