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Parc Dragon Ball en France : il manque une autorisation cruciale

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Selon les informations du Monde, Valérie Pécresse et Emmanuel Macron sont allés un peu vite en besogne. Le projet porté par le groupe saoudien Qiddiyan Investment Company n’a pas obtenu l’indispensable accord des ayants droit japonais.

Trois parcs, une licence iconique et un projet à six milliards d’euros, Emmanuel Macron et Valérie Pécresse annonçaient ce lundi 24 août sur les réseaux sociaux la signature d’un protocole d’accord permettant “d’étudier le développement d’une nouvelle destination de loisir à usage mixte en France”. Sur X, le président de la République s’est félicité d’un tel projet “du jamais vu depuis Disneyland”. 

Depuis ces annonces, les rumeurs et les spéculations vont bon train quant aux autres licences qui pourraient accompagner DB sur ce parc consacré, entre autres, à la culture manga. Sauf que, selon des sources proches du dossier interrogées par Le Monde, la présence de Son Goku n’est pas franchement assurée.

Le groupe saoudien Qiddiya Investment, filiale du fonds souverain national, n’aurait pas encore obtenu le feu vert des ayants droit japonais pour ce parc hexagonal. Rappelons qu’Emmanuel Macron n’a lui-même pas mentionné directement l’œuvre d’Akira Toriyama, se contentant de parler de “son intérêt pour les mangas”. Valérie Pécresse a pris moins de précautions sur ses réseaux sociaux, la présidente de la région Île-de-France officialisait ces “trois nouveaux parcs d’attractions – dont un sur le thème du manga Dragon Ball”.  La signature d’un accord est-elle une simple formalité, puisqu’un projet similaire en Arabie Saoudite a été validé ? Pas si sûr.

Plus interlocuteurs à convaincre

La négociation des droits d’exploitation est complexe, surtout au Japon, où les entreprises sont très conservatrices de leurs œuvres et de leur personnage. Dans le cas de Dragon Ball, la situation est encore plus compliquée depuis la mort du créateur Akira Toriyama en 2024. Les droits de ses œuvres sont répartis entre différentes entreprises, la Toei mais aussi la maison d’édition Shueisha et même Bandai Namco. Ce sont autant de firmes que Qiddiya Investment va devoir convaincre.

Sauf que les déclarations précipitées de Valérie Pécresse, reprise par la presse française et internationale, pourraient nuire à ces discussions. Rappelons que le parc à thème en Arabie Saoudite a été annoncé en mars 2024, les négociations ont eu lieu avant sa mort et la répartition de ses droits.

Encore de nombreuses étapes à franchir

Outre ces menues considérations de droit d’exploitation, le projet sur lequel la région et le gouvernement travaillent depuis 18 mois doit relever de nombreux défis afin de s’installer sur l’ancien site de Mirapolis. D’abord, au vu de l’ampleur annoncée, il faudra sans doute pousser les murs.

Les 55 hectares de friche ne seront sans doute pas suffisants et il faudra racheter les terres agricoles environnantes. À titre de comparaison, Disneyland Paris occupe 2 230 hectares sur les communes de Chessy et Coupvray. Le parc saoudien, qui permet de se figurer des ambitions de Qiddiya pour le parc DBZ, revendique à lui seul une surface de 50 hectares.

Ensuite se pose la question des transports en commun. Si Disneyland Paris est desservi par TGV et RER, Cergy Pontoise ne profite pas des mêmes infrastructures. Pour référence, depuis le deuxième arrondissement de Paris, il faut compter 1h30 de transports en commun, dont 20 minutes de marche après le RER A. Ces difficultés d’acheminement des visiteurs comptaient déjà parmi les raisons de l’échec de Mirapolis dans les années 90.

La région Île-de-France devra donc développer le réseau urbain pour permettre de rendre cette destination aux ambitions mondiales plus accessibles. C’est donc loin d’être gagné pour ce complexe de loisir. Reste à voir si, dans l’éventualité où aucun accord n’est trouvé avec les ayants droit de Dragon Ball, d’autres licences auront les épaules pour porter un tel projet.

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