Lorsqu’il est sorti en 2015, The Witcher 3 a créé un petit séisme. Non seulement à son échelle – dans le domaine des RPG fantasy – mais aussi au niveau de l’industrie en étant consacré Jeu de l’année aux Game Awards. Plus de 10 ans plus tard, CD Projekt Red annonce l’arrivée d’un troisième et ultime DLC. Geralt sort de sa retraite pour préparer le terrain avant la sortie tant attendue de The Witcher 4, attendu en 2028.
Mais il ne suffit pas d’une extension revival pour hyper les fans, même ceux de la première heure. Nombreux sont les sceptiques qui pensent que The Witcher 3 n’a pas besoin de nouveau contenu après la conclusion des deux précédents DLC. Et pourtant, malgré la prudence, il faut avouer que l’enthousiasme a envie de refaire surface, comme le naturel veut revenir au galop.
Présent à la Gamescom 2026, CD Projekt Red présente The Witcher 3 – Songs of the Past aux visiteurs et aux journalistes sur place. J’ai pu assister à une session de jeu en direct, pilotée par les développeurs. Et même sans la manette en main, il est difficile de fermer les yeux sur le monument qui se prépare en coulisses.
11 ans et toutes ses dents
La présentation commence dans la région de Lettenhove, une nouvelle zone jouable de The Witcher 3. Geralt se réveille d’une nuit particulièrement agitée (pas pour les raisons que vous croyez bande de cochons). Les célébrations de la veille ont visiblement mené à une série de cauchemars pour le sorceleur, qui se réveille avec un Jaskier qui a tout simplement disparu.

Les premières minutes de jeu me déroutent. Évidemment que le jeu a vieilli. J’ai beau avoir un souvenir très vif de ma première découverte de The Witcher 3 et être impatiente quant à la sortie de son DLC, ça n’empêche pas le titre d’être un papy de la génération précédente. Aussi qualitatif veut-il être graphiquement, on sent parfaitement que l’expérience est celle d’un autre temps (j’exagère peut-être un peu, mais vous avez l’idée).
Toutefois, il suffit de quelques minutes seulement pour qu’un phénomène étrange se produise. Les premières pérégrinations dans le monde ouvert à dos d’Ablette laissent entendre des instruments familiers et l’ambiance commence doucement à s’installer. Il fait bon vivre de retourner dans cet univers et on pourrait attribuer cet état à de la simple nostalgie. Mais force est de reconnaître que la bande-son est toujours aussi prodigieuse et particulièrement juste en fonction de ce que le joueur fait.
Puis viennent les premiers dialogues entre Geralt et un villageois ivre, entre Geralt et la grand-mère de Jaskier, entre Geralt et la cousine de Jaskier. On retrouve naturellement ces lignes qui définissent si bien le jeu de CD Projekt Red. Le joueur a le choix entre les remarques factuelles et cinglantes, le silence indifférent ou encore la simple interrogation. L’humour naturelle du personnage et de ses interactions avec les autres fait partie intégrante du charme de The Wicther 3 et l’âme du titre est omniprésente dans Songs of the Past.

On est sûr qu’il est à la retraite ?
En plus du travail d’écriture et de la composition musicale, le jeu peut se targuer de nous replonger dans une histoire particulièrement épique. Dans la partie que j’ai pu voir, Geralt et Lilla (la cousine, c’est bien, vous suivez) partent à la recherche de Jaskier. Ils s’aident d’une ancienne légende chantée mentionnant un puit maudit, puit très clairement présent dans les fameux cauchemars de Geralt.
Les fans d’aventure pourront satisfaire leur soif de nouveautés grâce à plusieurs ajouts qui ont le mérite de ne pas avoir été forcés dans le jeu. Le sorceleur peut notamment s’aider d’une chaîne pour alpaguer les ennemis et leur infliger des dégâts. De nouvelles compétences intègrent l’arbre déjà bien complet et quelques petits accessoires qu’on ne connaissait pas encore font leur apparition.

Mais je pense que le plus gros de la surprise vient avec les cris que provoquent les nouvelles animations de finition. À l’épée ou avec n’importe quelle autre arme, voir Geralt découper ses adversaires est d’une satisfaction immense – sans aucun plaisir sadique, évidemment. Les combats sont encore plus fluides qu’auparavant et la chorégraphie est à chaque fois joliment ficelée, notamment contre le boss du puit, juste avant que l’écran ne devienne noir, annonçant la fin de la session.
Comme quoi, il n’est pas nécessaire de jouer à un titre pour en comprendre tout le potentiel. Lorsque la lumière se rallume et que la chair de poule est présente, je n’ai qu’une envie : relancer The Witcher 3 dans la seconde. Pour Songs of the Past il faudra attendre 2027, mais merci à CD Projekt Red pour la piqûre de rappel. C’est à ça que ressemble un vrai GOTY une décennie après sa sortie.