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Les voitures électriques perdent jusqu’à 65 % de leur valeur en cinq ans, et c’est un vrai probléme

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Une Renault Zoé qui valait plus de 32 000 euros neuve en 2020 se retrouve aujourd’hui autour de 11 500 euros sur le marché de l’occasion. La Tesla Model 3, elle, a vu son prix moyen quasiment divisé par deux.

Une étude de Leboncoin confirme ce que le marché laissait déjà entrevoir, les premières générations de voitures électriques ont subi une forte décote, mais depuis le 1er septembre, une nouvelle prime CEE vient justement rendre certaines de ces voitures encore plus accessibles.

Jusqu’à 65 % de décote pour certaines électriques

Pour mesurer l’évolution des prix, Leboncoin s’est penché sur les dix voitures électriques neuves les plus diffusées en France en 2020. À elles seules, elles représentaient plus de 70 % des ventes de voitures électriques cette année-là.

Cinq ans plus tard, leur valeur moyenne sur le marché de l’occasion a chuté de 59 %, selon les calculs de la plateforme. La Renault Zoé décroche la palme avec une baisse de 65 %, suivie par les Renault Twingo et Peugeot e-2008, à -62 %. La Peugeot e-208 perd 60 %, tandis que la Volkswagen ID.3 et la Mini affichent toutes deux une décote de 57 %. La Tesla Model 3, pourtant particulièrement recherchée, n’échappe pas au phénomène avec -56 % !

Dans le détail, les prix moyens constatés par Leboncoin donnent une idée assez spectaculaire de la situation.

Modèle Prix neuf en 2020* Prix d’occasion en 2025 Décote
Dacia Spring 17 695 € 8 347 € -53 %
Tesla Model 3 52 136 € 23 180 € -56 %
Fiat 500e 31 487 € 13 993 € -56 %
Volkswagen ID.3 41 963 € 17 871 € -57 %
Mini Electric 39 066 € 16 617 € -57 %
Kia Niro EV 44 625 € 18 722 € -58 %
Peugeot e-208 35 096 € 13 873 € -60 %
Renault Twingo E-Tech 24 423 € 9 392 € -62 %
Peugeot e-2008 40 690 € 15 464 € -62 %
Renault Zoe 32 445 € 11 477 € -65 %

* Prix moyens neufs hors options et hors bonus en 2020. Prix moyen d’occasion constaté par Leboncoin en 2025 pour des voitures âgées de cinq ans.

La Dacia Spring reste la plus accessible avec un prix moyen inférieur à 8 500 euros. La Renault Twingo passe elle aussi sous la barre des 10 000 euros, tandis qu’une Zoé se trouve désormais autour de 11 500 euros.

Leboncoin précise que ses prix neufs correspondent aux tarifs moyens hors options et hors bonus écologique en 2020. La comparaison avec les prix d’occasion est donc réalisée à partir du prix catalogue, et non nécessairement de ce qu’un acheteur avait réellement payé cinq ans plus tôt. Or plusieurs de ces modèles bénéficiaient à l’époque d’un bonus écologique pouvant atteindre plusieurs milliers d’euros.

Le média Roole a repris les données de Leboncoin en réintégrant notamment ce bonus de 7 000 euros utilisé dans son calcul. Avec cette méthode, la décote moyenne passe de 59 % à 47 %. Ce n’est donc pas exactement la même histoire : le propriétaire d’une voiture achetée avec une aide publique importante n’a pas nécessairement perdu 59 % de son investissement initial.

Cela ne rend pas la décote négligeable pour autant. Une Zoé affichée à 32 445 euros en 2020 et valorisée 11 477 euros cinq ans plus tard a bel et bien subi une forte baisse de valeur. Mais le chiffre de 59 % doit être présenté comme une comparaison de valeurs de marché, et non comme une perte financière universelle pour les premiers propriétaires.

La batterie n’est pas nécessairement responsable

Cette forte baisse ne signifie pas non plus que les batteries de ces voitures sont arrivées au bout de leur vie. Leboncoin avance une perte moyenne de capacité de l’ordre de 1 à 2 % par an, en s’appuyant sur différentes études consacrées à la durée de vie des batteries. La plateforme considère donc qu’après cinq ans, une batterie conserve généralement une grande partie de ses capacités initiales.

Il faut toutefois éviter d’en tirer une conclusion trop catégorique car la dégradation dépend du modèle, de la chimie de la batterie, de son utilisation, des cycles de recharge et des conditions dans lesquelles le véhicule a été utilisé.

D’ailleurs, le nouveau dispositif d’aide à l’occasion prend précisément en compte cette question. Une voiture éligible doit présenter un état de santé de batterie d’au moins 80 %. À défaut, une autre méthode permet de satisfaire le critère avec une autonomie résiduelle suffisante. La décote des premières électriques semble donc davantage liée à l’évolution rapide du marché qu’à une disparition progressive de leurs capacités.

Les bonus accordés à l’achat du neuf ont contribué à modifier les prix de départ. L’arrivée massive de véhicules provenant de contrats de leasing a également alimenté le marché de seconde main. Et surtout, les voitures électriques ont connu une évolution technologique particulièrement rapide : autonomie, puissance de recharge, efficience et équipements ont beaucoup progressé en quelques années. Une voiture électrique de 2020 peut parfaitement fonctionner correctement tout en étant devenue beaucoup moins attractive face aux modèles plus récents.

L’occasion électrique commence pourtant à trouver son public

La baisse des prix arrive au moment où le marché de l’occasion électrique accélère. Selon le dernier baromètre publié par Mobilians et l’Avere-France à partir des données de AAA DATA, 72 244 voitures électriques d’occasion ont changé de propriétaire au deuxième trimestre 2026, soit une progression de 42 % par rapport au trimestre précédent. Sur un an, les volumes ont également fortement progressé.

Le marché reste encore jeune : l’âge moyen d’une voiture électrique d’occasion vendue au deuxième trimestre était de 4,7 ans, contre 10,8 ans pour une voiture thermique d’occasion. Mais les acheteurs commencent clairement à s’intéresser davantage à ces véhicules.

Leboncoin a lui aussi observé un phénomène spectaculaire au moment de la flambée récente des prix des carburants, les recherches de voitures électriques d’occasion ont augmenté de 80 % à leur plus haut niveau. La plateforme précise cependant que cet emballement s’est ensuite atténué avec la détente des prix des carburants.

Une nouvelle prime CEE depuis le 1er septembre

Depuis le 1er septembre 2026, l’achat ou la location longue durée d’une voiture électrique d’occasion peut bénéficier d’une prime dans le cadre des certificats d’économies d’énergie, les fameux CEE. Le dispositif est créé par l’arrêté du 10 août 2026 et porte le nom de TRA-EQ-133.

Il ne s’agit pas d’un retour du bonus écologique financé directement par l’État. Les CEE reposent sur les obligations imposées aux fournisseurs d’énergie et de carburants. La prime est donc versée par un fournisseur ou un opérateur qui valorise ces certificats.

Et il y a une subtilité importante : il n’existe pas un montant unique fixé en euros par l’État. Le texte réglementaire définit un volume de 42 200 kWh cumac par véhicule, mais la conversion en euros dépend de la valeur des CEE et de l’opérateur choisi. Le gouvernement recommande donc de comparer les offres proposées.

Autrement dit, annoncer une prime universelle de 2 000 euros serait trompeur. Pour la grande majorité des acheteurs particuliers, l’aide devrait être nettement inférieure à ce montant selon les valorisations actuellement observées. La majoration importante concerne surtout des catégories professionnelles spécifiques.

Des conditions sont assez strictes

Pour bénéficier de cette aide, le véhicule doit être 100 % électrique et avoir été immatriculé pour la première fois en France entre le 1er janvier 2017 et le 31 décembre 2023.

Il faut également acheter ou louer le véhicule auprès d’un professionnel de l’automobile habilité. Pour un achat, le propriétaire doit conserver la voiture pendant au moins 36 mois. Pour une location, le contrat doit également durer au minimum trois ans.

La batterie doit présenter un état de santé d’au moins 80 % selon la méthode réglementaire. Une autre voie d’éligibilité existe si l’autonomie résiduelle atteint 80 % de l’autonomie homologuée ou au moins 200 kilomètres.

Enfin, une personne physique peut bénéficier du dispositif pour un maximum de cinq véhicules. Il ne s’agit donc pas d’une aide réservée aux ménages modestes : aucune condition de revenus n’est exigée pour la prime de base.

Jusqu’à environ 2 000 euros, mais pas pour tout le monde

Le dispositif devient beaucoup plus généreux dans un cas bien particulier.

Une bonification temporaire est prévue pour certaines personnes et structures exerçant dans l’aide à domicile, les services autonomie à domicile ou certains services à la personne. Le véhicule doit alors coûter au maximum 25 000 euros TTC et peser moins de 1 800 kg.

Le volume de CEE est multiplié par quatre pour les bénéficiaires relevant de la précarité énergétique et par six pour les autres catégories prévues par le texte. Cette bonification concerne les opérations engagées avant le 1er janvier 2027 et achevées avant le 1er juillet 2027.

C’est cette mécanique qui peut permettre d’atteindre un niveau d’aide proche de 2 000 euros dans certains cas. Ce n’est donc pas une prime de 2 000 euros ouverte à tous les acheteurs d’une Zoé ou d’une Twingo d’occasion.

L’électrique d’occasion devient surtout une question de prix

Les premières générations de voitures électriques ont subi une décote particulièrement forte. Mais cette situation ne signifie pas nécessairement qu’elles sont devenues de mauvaises voitures. Elle traduit aussi l’arrivée de véhicules plus récents, plus performants et plus autonomes, ainsi que les effets des aides publiques et du renouvellement accéléré du parc.

Pour l’acheteur, la situation peut donc devenir particulièrement intéressante. Une Zoé autour de 11 500 euros, une Twingo sous les 10 000 euros ou une Model 3 autour de 23 000 euros ne sont plus des tarifs réservés à quelques passionnés de la voiture électrique.

Il faut évidemment vérifier l’état général du véhicule, son kilométrage, son historique et surtout l’état de santé de sa batterie avant de signer. Mais le marché de l’occasion permet désormais d’accéder à l’électrique à des tarifs qui auraient été difficiles à imaginer il y a seulement quelques années.

Et depuis le 1er septembre, une aide supplémentaire existe. Elle ne transforme pas pour autant toutes les voitures électriques d’occasion en bonnes affaires. Mais entre une forte décote et une prime CEE, le calcul devient nettement plus favorable pour certains acheteurs.

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