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Netflix n’a qu’ à bien se tenir, un nouveau géant du streaming arrive en France

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50 millions d’utilisateurs mensuels et une bêta déjà en ligne.

74% des Français paient déjà pour au moins un service de streaming. Avec 2,5 abonnements en moyenne par foyer selon les chiffres de Médiamétrie, le marché des plateformes sait faire jouer la concurrence : aux géants du secteur comme Netflix, Prime Video ou encore Disney+, se frottent plus d’un millier d’autres services plus modestes dans le monde. Et justement, un nouveau vient d’être lancé en France.

JustWatch passe de l’autre côté de l’écran

Le groupe JustWatch a profité du Festival international du film de Toronto, pour annoncer le 15 septembre dernier, le lancement de JustWatch TV, son propre service de streaming. Ouverture prévue en octobre dans 12 pays : France, États-Unis, Canada, Royaume-Uni, Irlande, Allemagne, Autriche, Suisse, Italie, Espagne, Australie et Nouvelle-Zélande. Si on connaissait surtout la plateforme pour sa capacité bien pratique à nous dire où trouver un film dans la multitude de services existants, l’entreprise a visiblement décidé de passer de l’autre côté du miroir, en empilant les modèles économiques. On retrouve ainsi du gratuit financé par la publicité, de la location à la demande, et une formule d’abonnement sans publicité dont le tarif n’a pas encore été communiqué. Côté catalogue, JustWatch a d’ores et déjà annoncé l’intégration de Paramount, New Regency, Fremantle, Bleecker Street et Vortex Media parmi ses partenaires de lancement. Les titres seront d’abord non exclusifs, mais l’entreprise n’exclut pas de négocier des fenêtres d’exclusivité par la suite, rapporte Deadline.

La différence avec ce qui existe déjà, c’est que JustWatch TV n’est pas une nouvelle application. Il n’y a pas de compte à créer : le service s’ajoute directement au site et à l’appli existants, qui revendiquent 50 millions d’utilisateurs mensuels dans 140 pays.

Un catalogue qui sent surtout le domaine public

La bêta tourne déjà en accès libre sur la version française du site. Ce matin du 16 septembre, elle recense 240 films et séries. Le top 10 hexagonal s’ouvre sur Histoire d’O, suivi de Rebecca, du Mécano de la Générale et d’une adaptation des Quatre Filles du docteur March datée de 1987. En descendant la liste, on croise Nosferatu, Le Kid, La Passion de Jeanne d’Arc et La Nuit des morts-vivants. Soit un inventaire de films tombés dans le domaine public, complété par des documentaires et des longs métrages indépendants qu’on aurait du mal à trouver légalement ailleurs.

On est loin du blockbuster promis par le communiqué, mais la recette est plutôt classique pour le secteur : les plateformes gratuites se construisent d’abord sur du patrimoine gratuit, puis montent en gamme quand la publicité commence à rapporter.

Il va falloir batailler, et éviter l’antitrust

Jusqu’à présent, les téléspectateurs et téléspectatrices connaissaient surtout JustWatch pour sa fonction d’aiguillage à travers la jungle du streaming. En devant acteur du marché, l’entreprise va devoir être particulièrement prudente : sa fonction de recherche ne disparaît pas, et c’est bien ce qui pourrait coincer côté régulation. Quand un utilisateur tape un titre, c’est l’algorithme du guide qui décide de l’ordre dans lequel s’affichent. Google s’était déjà fait épingler pour avoir favorisé son comparateur de prix, Amazon pour avoir poussé ses propres marques face aux vendeurs de sa marketplace

Aussi, en distribuant des films et des séries à destination du public hexagonal, un service de vidéo à la demande peut basculer dans le champ du décret SMAD et de ses obligations de quotas d’œuvres européennes et de contribution à la production. C’est un parcours du combattant qui s’annonce pour l’entreprise.

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