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Finalement, Amazon renonce à la livraison gratuite de ses livres en lockers

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Les 3 € de frais de port s’appliquent désormais aussi aux lockers.

Depuis octobre 2023, les commandes de livres neufs sur Amazon sont soumis à un régime particulier. Une commande de moins de 35 € expédiée à domicile coûte 3 € de frais de port, seule solution trouvée par le gouvernement pour éviter la concurrence déloyale entre le géant du web et les librairies indépendantes. Pour éviter de passer à la caisse, deux solutions existent : faire grimper son panier à 35 € pour obtenir la livraison à 0,01 €, ou passer par les lockers pour profiter des frais de livraison gratuits.

Fin de partie pour les lockers

Ça, c’était avant. Ce samedi 19 septembre, Amazon a confirmé à l’AFP que l’entreprise renonçait à la livraison gratuite des livres neufs dans ses casiers automatiques en France. L’information avait été révélée la veille par Le Figaro. Le groupe explique vouloir désormais « concentrer » la gratuité sur les points de retrait en comptoir et à l’accueil des magasins, ce qui a pour effet d’exclure les casiers automatiques.

Pour mieux comprendre les enjeux de cette décision, il faut revenir à la loi Darcos, votée fin 2021, et à l’arrêté qui l’a rendue applicable en octobre 2023. A l’époque, l’objectif était de mettre fin à la livraison gratuite qui permettait aux géants du e-commerce d’écraser les librairies. Amazon s’était d’abord plié à la règle, avant de trouver une parade dès 2024, avec des lockers installés dans des supermarchés éligibles à la livraison gratuite.

Saisi par le ministère de la Culture à la demande du Syndicat de la librairie française, le Médiateur du livre a rendu deux avis en février puis en mai 2025 pour mettre fin à cette entourloupe logistique. Concrètement, une commande de livres neufs de moins de 35 € livrée dans un casier Amazon sera désormais facturée à 3 € de frais de port, au même titre que la livraison à domicile. La gratuité et la remise de 5 % restent toutefois possibles pour un retrait au comptoir ou à l’accueil d’un commerce qui vend des livres. Amazon de son côté, assure que les casiers ne représentent qu’une « minorité » de ses quelque 3 000 points de retrait éligibles.

La concurrence fait plier Amazon

En octobre 2025, le SLF, la Fnac et le Syndicat des distributeurs de loisirs culturels (qui représente notamment Cultura) avaient dénoncé une « offensive inacceptable » contre le prix unique du livre. Une situation de concurrence déloyale, qui les avait poussé à saisir le Médiateur pour une conciliation préalable à un recours en justice. De son côté, le géant américain n’a jamais caché son hostilité à la loi. En décembre 2025, Frédéric Duval, directeur général d’Amazon France, dénonçait dans une tribune une « taxe sur la lecture ».

Le débat de fond, lui, reste entier. Le marché du livre ne va pas bien : selon le Syndicat national de l’édition, le chiffre d’affaires de l’édition française a reculé de 1,5 % en 2024, à 2,902 milliards d’euros, et les ventes sont tombées à 426 millions d’exemplaires, en baisse de 3,1 %. Pour Amazon, c’est la preuve que la loi Darcos ne sert à rien. En attendant, les points de retrait restent éligibles dès lors qu’ils se trouvent dans un commerce vendant des livres.

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